Google Livres
Google Livres

Google marque des points. Le plus vaste ensemble de bibliothèques universitaires du monde, celui de l'Université de Californie (UC), qui regroupe la centaine de bibliothèques dépendant des 10 principales universités californiennes (San Francisco, Los Angeles, etc.) et qui compte au total quelque 34 millions de livres à son catalogue, vient de signer un accord de partenariat avec le leader des moteurs de recherche sur internet pour la numérisation et la mise en ligne de son fonds. Elle rejoint ainsi les autres grandes bibliothèques universitaires ou publiques anglo-saxonnes, telles celles de Harvard, Oxford, Stanford, du Michigan, du Congrès et de New York, qui ont déjà confié leur fonds à Google dans le cadre de son projet de Bibliothèque numérique universelle.

Stratégiquement et symboliquement, cet accord est un soutien marqué à Google car la Bibliothèque de Californie fait déjà partie de l'Open Content Alliance, un consortium créé et piloté en octobre 2005 par un concurrent de Google, Yahoo!, associé à une dizaine d'organisations et multinationales américaines partenaires comme Internet Archives, Adobe ou Hewlett-Packard et rejoint ensuite par Microsoft. L'objectif de l'Open Content Alliance est similaire à celui de Google Books Search, à savoir constituer une bibliothèque numérique consultable sur internet, mais beaucoup moins ambitieux (quelques dizaines de milliers de titres contre 15 millions) et plus prudent sur les questions de copyright (uniquement les ouvrages libres de droit).

Certains éditeurs — notamment français, avec le soutien affiché du Syndicat National de l'Édition (SNE) et de Jean-Noël Jeanneney (Président de la Bibliothèque Nationale de France et farouche opposant à Google) — contestent en effet les méthodes de la firme de Mountain View en arguant quelque peu abusivement et falacieusement du sacro-saint Droit d'auteur pour tenter d'entraver son projet.

Pour Google, la numérisation de livres et l'affichage d'extraits autour de mots-clés de recherche ne bafoue pas les règles du Copyright, telles qu'elles sont établies par le Traité sur le Droit d'auteur de l'Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI), appuyé par la convention de Berne et ratifié par 183 Etats.

Pour Jennifer Colvin, responsable de la numérisation à l'UC, il n'est pas contradictoire de participer aux deux programmes concurrents. A l'instar de L'Electronic Frontier Foundation (organisation plaidant pour un internet libre), elle estime que les bibliothèques, en tant qu'institutions publiques, ont le devoir d'offrir leurs contenus au public de la façon la plus accessible et la plus large possible.