Google Livres
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L'éditeur WGB et l'association des éditeurs de livres allemands qui s'estimaient lésés par le projet Google Books Library (numérisation et diffusion sur internet de 15 millions de livres tirés du fonds des grandes bibliothèques anglo-saxonnes) ont renoncé à porter plainte. La Chambre spécialisée dans la propriété intellectuelle de la Cour régionale de Justice de Hambourg les a en effet informé qu'une action en justice n'aurait aucune chance d'aboutir, Google Livres ne violant pas le droit allemand en matière de Copyright.

L'édition italienne a également renoncé à engager un procès, estimant plus constructif de négocier des accords commerciaux avec le leader des moteurs de recherche. En Europe, ne restent engagés dans des procédures contre Google que les groupes d'édition français propriétaires de gros portefeuilles de droits, tels les Éditions La Martinière soutenues par le Syndicat National de l'Édition.

Les petits éditeurs français estiment eux que le moteur de recherche leur offre une nouvelle visibilité et les met sur un même pied d'égalité que les grandes maisons pour promouvoir et diffuser leurs titres, notamment avec son service Google publishers (numérisation et diffusion sur internet des livres soumis par les éditeurs). Bon nombre d'auteurs — hors instances et discours officiels — ainsi que la grande majorité des lecteurs internautes, sont également plutôt favorable à Google Livres. Beaucoup d'entre eux pensent que les groupes d'édition, comme les multinationales du cinéma, de la musique et du logiciel, mettent un peu trop opportunément en avant la défense du Droit d'auteur pour préserver en réalité leurs propres intérêts financiers mêlés à une vison politico-idéologique conservatrice.

La direction de Google a confirmé dans un communiqué son intention de poursuivre son projet de grande bibliothèque numérique. Selon elle, la numérisation de livres et l'affichage d'extraits autour de mots-clés de recherche ne bafoue pas les règles du Droit d'auteur, telles qu'elles sont établies par le Traité sur le Droit d'auteur de l'Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI), appuyé par la convention de Berne et ratifié par 183 Etats.

Aux États-Unis, une action collective en justice (class action) a été engagée contre Google par un lobby d'auteurs, The Authors Guild, mais la grande majorité des maisons d'édition — dont la quasi totalité des excellentes Presses d'Université — travaille de concert avec la firme de Montain View. L'Electronic Frontier Foundation (EFF), organisation plaidant pour un internet libre, soutient elle aussi le moteur de recherche, jugeant que le projet Google Books Library n'est ni plus ni moins celui d'une bibliothèque traditionnelle mis à l'échelle de l'internet.