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La République des Lettres

Rainer Maria Rilke

Rainer Maria Rilke
Lettres à un jeune poète

La République des Lettres
ISBN 978-2-8249-0207-4
Livre numérique (format ePub)
Prix : 5 euros
Disponible chez • FnacAmazonKoboiTunes

Ségolène Royal

Ségolène Royal

Travail, Famille, Patrie, tel semble se dessiner au fil des chapitres le titre du futur livre programme de Ségolène Royal, actuellement en cours d'élaboration son site web interactif Désirs d'avenir. Après un premier chapitre consacré au Désordre démocratique, le second vient de paraître, concentré lui sur Les désordres de l'emploi et du travail.

Entre divers constats sur la nouvelle pauvreté (Plus d'un million de foyers au RMI et 6,8 millions de français, soit 11,5% de la population, qui même en travaillant se trouvent sous le seuil de pauvreté selon les normes de l'INSEE), la précarité de l'emploi, le droit du travail ou le fol écart des salaires, la candidate à l'investiture socialiste pour la présidentielle de 2007 s'y exprime sur la Réduction du Temps de Travail (RTT) et la question des 35 heures. Désormais experte dans le lancement de pavés dans la mare du Parti Socialiste -- personne n'a oublié sa récente intervention sur le terrain très extrême-droitiste de la sécurité en prônant la création de structures d'encadrement militaire pour les jeunes délinquants --, elle s'attaque aujourd'hui directement à cette mesure phare mise en place pendant les années '90 sous le gouvernement Jospin par Martine Aubry, alors ministre de l'emploi.

Ségolène Royal tire un bilan "mitigé" des 35 heures en termes de qualité de vie au travail. Selon elle "la répartition de l'effort et des avantages (...) a été fortement inégalitaire" et a défavorisé les salariés des classes populaires. La députée socialiste estime que les 35 heures ont été accompagnées d'un assouplissement du droit du travail et d'une flexibilité accrue: "les rythmes de travail ont été intensifiés, les amplitudes horaires étendues et la segmentation de la journée de travail accentuée". Au final les 35 heures ont abouti à une très forte augmentation de salariés en horaires flexibles, dont "la proportion est passée de 10% à 40%, soit plus que les salariés américains", ainsi qu'à une "dégradation de la situation des plus fragiles, notamment les femmes ayant des emplois peu qualifiés, pour lesquelles la flexibilité s'est traduite par un empiétement accru sur leur vie personnelle et familiale". Si elle reconnaît volontiers que "Là où les horaires sont restés fixes, la réduction du temps de travail a permis un allégement de la journée ou des jours de congés supplémentaires" et que "l'appréciation globale des 35 heures par les salariés reste positive", la présidente de région Poitou-Charentes n'exclut donc pas, dans ce qui s'affiche de plus en plus comme son programme de "candidate de gauche", de revenir sur la fameuse mesure symbole de la gauche plurielle.

De quoi donner une fois de plus du poivre à moudre à ses détracteurs de gauche pour qui le "Ségolisme" est désormais synonyme de dérive droitière populiste, la compagne de François Hollande se limitant pour l'instant selon eux à émettre des critiques contre son camp sans proposer de solutions, ou en s'inspirant de celles émises par la Droite et l'Extrême-droite.

A noter que, côté organisation de pré-campagne électorale, la favorite des sondages se révèle aussi excellente animatrice socio-culturelle que critique de la gauche. En sus de son innovant livre-programme qui s'écrit "work in progress" sur son site web avec les internautes, elle vient de lancer les "Cafés Ségolène Royal" sur le modèle des fameux "Cafés philo". Il s'agit de rencontres publiques thématiques organisées par ses militants de Désirs d'avenir dans les cafés un peu partout en France pour "réfléchir, discuter et apporter des idées".