Institut National de l'Audiovisuel
Institut National de l'Audiovisuel

L'heure est à l'archivage numérique pour l'ensemble des grands services et autres établissements publics sous tutelle de l'État français. L'Institut National de l'Audiovisuel (INA, créé en 1974), qui a pour principale mission de conserver et exploiter les programmes des radios et chaînes publiques hertziennes du pays, a été l'un des plus rapides à numériser son fonds et à remplir ainsi son Contrat d'Objectifs et de Moyens (COM) signé avec l'Etat en novembre 2005. Les archives audiovisuelles et radiophoniques qu'il a patiemment numérisées et indexées depuis 2001 sont à partir d'aujourd'hui accessibles gratuitement sur son site web.

Près de 100.000 émissions culturelles ou d'information (journaux télévisés, entretiens, discours, dramatiques, feuilletons, séries, reportages, etc) et 10.000 heures de programmes couvrant plus d'un demi-siècle de radio et de télévision française sont ainsi mis en ligne. Et ce n'est pas terminé car Emmanuel Hoog, PDG de l'INA, indique que les travaux continuent et que ce volume d'archives augmentera à raison de 5.000 heures par an dans les trois prochaines années à venir. A terme, vers 2015, la totalité du patrimoine audiovisuel de la France devrait être archivée, cataloguée et consultable en ligne.

Emmanuel Hoog promet pour bientôt, entre le JT de votre jour de naissance (si vous êtes né après 1977), les Shadocks ou les 300 heures de Radioscopie de Jacques Chancel, des centaines d'heures de concerts classiques, les programmes d'enseignements scolaires du secondaire et des documents historiques comme par exemple l'intégralité du procès de Maurice Papon (470 heures) ou encore les discours du Général de Gaulle. Attention toutefois, ces archives ne concernent que le secteur audiovisuel public, c'est-à-dire qu'on y trouvera peu de programmes produits par les maisons de production privées et diffusés ces dernières années sur des chaînes comme entre autres TF1, Canal + ou M6.

80% des documents peuvent être consultés par les internautes directement et gratuitement sur le site web de l'INA, les autres 20% n'étant disponibles qu'en accès payant car il s'agit d'oeuvres pour lesquels l'organisme doit reverser des droits d'auteur. Il sera possible de les visionner soit en payant une somme modeste de location pendant 48 heures (1 à 3 euros), soit en achetant le fichier numérique au format vidéo MPEG4 ou audio MP3 (1 à 12 euros). Des notices descriptives ont été rédigées et classifiées par les documentalistes de l'INA sous une très ergonomique arborescence qui permet, outre une recherche par mots-clés, de naviguer dans cette immense banque d'archives audiovisuelles en ligne — la plus importante du monde selon son directeur — par date, titres et types de programmes ou sélections thématiques.

Le site web de l'INA, qui compte actuellement quelque 350.000 visiteurs par mois devrait avec cette offre tripler rapidement son audience. Un budget de 180 millions d'euros sur quinze ans a été engagé pour la numérisation des archives et près d'un million d'euros uniquement pour le développement du site en 2006. Une équipe d'une dizaine de webmestres documentalistes y travaille en permanence.