Paris Wi-Fi
Paris Wi-Fi

Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, confirme ses projets de doter la capitale française d'un réseau municipal d'accès gratuit à l'internet haut débit basé sur le Wi-Fi.

En voyage à San Francisco (Californie), il a rencontré plusieurs personnalités et entrepreneurs de la Silicon Valley directement impliqués au niveau local sur ce genre de projets, dont entre autres les dirigeants de Dreamworks, Lucasfilm, Wildbrain ainsi que ceux de Google, Sergey Brin et Larry Page. Il a par ailleurs signé avec Gavin Newsom, maire de l'agglomération californienne, la convention dite des "Villes Numériques Soeurs" (Digital Sister Cities) qui jumelle Paris à San Francisco et l'intègre dans le réseau international des grandes "Cités numériques". Celui-ci, lancé fin 2005 par Gavin Newsom, comprend déjà entre autres Toronto, Singapour, Prague, Mexico et Madras. Il a notamment pour but de favoriser les échanges entre les pôles de technologies numériques des villes adhérentes, y compris dans le domaine de la création artistique.

Bertrand Delanoë a indiqué dans une conférence de presse qu'il était venu "non seulement pour apprendre, mais aussi pour imiter, de façon à ce que Paris se dote, comme San Francisco, du numérique sans fil", ajoutant qu'il souhaitait faire de la ville qu'il administre la seconde métropole au monde à proposer du WiFi gratuit à ses habitants. La municipalité de San Francisco, ville pionnière en la matière, s'est en effet associée récemment à Google et au Fournisseur d'Accès Internet Earthlink afin de mettre en place avant la fin de l'année sur son territoire — pour un coût estimé à environ 12 millions de dollars — un réseau wifi permettant à tous les usagers de se connecter gratuitement à l'internet de n'importe quel point de la ville.

Reste néanmoins certains problèmes à résoudre avant de déployer sur Paris un tel réseau, notamment au niveau technique, mais aussi en ce qui concerne les questions de mise en concurrence des opérateurs et de leurs futurs modes de financement. À San Francisco, Google se finance par son mode habituel, à savoir la publicité associée aux contenus recherchés par l'internaute. La firme développe même désormais la publicité micro-locale qui affiche automatiquement des annonces pour les boutiques du quartier où se trouve l'utilisateur.

Ici, l'opérateur Free vient d'annoncer qu'il testait un modèle similaire d'accès sans fil à l'internet, non pas basé sur le wifi, mais à partir d'une autre norme, le Wimax — ex-BLR (Boucle Locale Radio) --, dont il a récupéré la licence officielle pour l'exploiter dans des conditions très contestées. De plus, malgré l'image véhiculée par la publicité et les campagnes de presse destinées au grand public peu averti, cet opérateur s'est mis à dos les associations de consommateurs en raison de nombreux et sérieux problèmes sur ses tarifs et ses services, cumulant beaucoup plus que les autres FAI les plaintes de clients mécontents. Hormis l'habituel effet d'annonce, il n'y a donc pas grand chose à attendre réellement à court terme des projets de Free qui sont de plus payants.

Concernant la plus sérieuse couverture WiFi de Paris, une autre question épineuse se pose à Bertrand Delanoë: celle de la protection non seulement des données parfois sensibles qui peuvent circuler ainsi librement partout mais également des données nécessaires à la connection qui permettent de localiser les utilisateurs dans tous leurs déplacements.