Musée du Quai Branly
Musée du Quai Branly

Le musée du quai Branly ouvrira ses portes au public le 23 juin 2006, trois jours après son inauguration officielle par le Président de la République Jacques Chirac. Les grands travaux menés sous la houlette de l'architecte Jean Nouvel viennent de se terminer et, derrière les dernières grues et palissades du chantier, il est désormais possible de découvrir en taille réelle l'infrastructure et l'architecture générale du lieu.

Le musée est situé dans le 7ème arrondissement de Paris, entre la Seine et la rue de l'Université, à quelques centaines de mètres de la tour Eiffel. Sa silhouette étirée épouse la courbe du fleuve, longeant et surplombant un vaste campus de 2,5 hectares où le paysagiste Gilles Clément a composé un théâtre de verdure arboré. Le bâtiment principal, long de 220 mètres et haut de cinq étages avec une façade ornée de vitrages en losanges, de caissons colorées et de larges brise-soleils en bois bruns, est monté sur de hauts pilotis. Il est relié par des chemins et des passerelles à trois autres bâtiments aux façades transparentes de verre et d'inox poli, l'un offrant aux promeneurs du quai Branly un étonnant mur végétal (15.000 plantes de 150 espèces différentes sur 800 m2) conçu par le botaniste Patrick Blanc et l'autre des fresques d'artistes aborigènes.

A l'intérieur de la nef principale où la lumière naturelle est toute entière filtrée, encerclant une tour de verre haute de 24 m qui présente 9.000 instruments de musique des cultures du monde, une longue rampe d'accès circulaire aboutit dans une ambiance tamisée au "monde noir" des oeuvres. Ce sont également le verre transparent et les éléments naturels (bois, galets, végétaux, etc..) qui dominent les volumes et les espaces des plateaux, présentant des plafonds, murs et parquets aux tons chauds et colorés.

Outre les galeries destinées à exposer les collections permanentes, le musée d'une surface totale de 39.000 m2 est riche aussi de grandes réserves ouvertes aux chercheurs et sécurisées au mieux pour conserver les oeuvres. Une médiathèque comprenant 180.000 livres et 700.000 documents audiovisuels, un atelier de restauration, un atelier de découverte pour enfants, un théâtre de 520 places, un auditorium, un cinéma, des salles de cours et un bar-restaurant en terrasse sont également offerts au public et aux intellectuels et artistes qui viendront du monde entier pour animer le lieu par des conférences et des spectacles vivants.

Le musée du quai Branly, qui depuis le lancement du projet en 1998 fût successivement appelé "Musée des Arts et Civilisations" puis "Musée des Arts Premiers" avant de prendre définitivement le nom du lieu qui l'accueille — difficulté sans doute de trouver l'expression d'un nouveau regard post-colonial --, a pour mission de réunir et d'exposer l'ensemble des collections françaises d'ethnologie du musée de l'Homme (installé au Palais de Chaillot) et des collections du musée national des arts d'Afrique et d'Océanie (installé à la Porte dorée). Il abritera au total près de 300.000 oeuvres des Arts et civilisations d'Afrique, d'Asie, d'Océanie et des Amériques. 3.500 pièces seront exposées en permanence et une dizaine de grandes expositions temporaires thématiques seront organisées chaque année. Entièrement numérisée (en partie en 3D pour les sculptures), la collection complète pourra aussi être consultée gratuitement sur internet. Enfin des accords de coopération scientifique et culturelle sont établis entre le musée et les pays non occidentaux de cultures anciennes pour aider les travaux de chercheurs ou d'étudiants en art primitif et organiser sur le terrain des opérations de protection des oeuvres.

Le coût de construction du musée du quai Branly, établissement public placé sous la double tutelle du ministère de l'Education nationale et de la Recherche et du ministère de la Culture et de la Communication, s'élève à 235 millions d'euros. C'est le premier musée français d'envergure à sortir de terre depuis le Centre Pompidou en 1977. Actuellement présidé par Stéphane Martin (ancien directeur de cabinet de l'ex-ministre de la culture Philippe Douste-Blazy), il doit à partir de son ouverture au public employer 200 personnes et accueillir environ un million de visiteurs chaque année.