Marché du livre

Le Salon du Livre de Paris est comme chaque année l'occasion pour les éditeurs, libraires et bibliothécaires de se pencher sur les chiffres de vente de livres en France. À la lumière des derniers bilans et études réalisés par divers organismes de sondage (Sofres) et magazines professionnels (Livres Hebdo), ils constatent qu'en 2005 les français ont été 3% de moins que l'année précédente à acheter des livres. Cette baisse touche tous les secteurs, de la littérature à la BD en passant par les sciences humaines ou les guides pratiques. De nouvelles habitudes de consommation et de nouveaux produits culturels tels que par exemple les DVD ou les logiciels d'information et de loisirs apparaissent, remplaçant progressivement les achats de livres. En 2005 les français ne sont ainsi qu'un peu plus d'un sur deux à avoir acheté au moins un ouvrage.

Le profil des consommateurs évolue peu, avec une présence toujours plus marquée des femmes (57% contre 43% d'hommes), des catégories d'âges intermédiaires (50% des 25-49 ans) et des catégories socio-professionnelles élevées. Dans l'année ils se procurent en moyenne 8,4 ouvrages et dépensent un total de 94 euros. Deux tiers d'entre eux (71%) disent lire "par plaisir", les autres motivations étant essentiellement le "besoin d'apprendre" (45%) ou de "passer le temps" (27%). De plus en plus de livres sont achetés non pour soi-même mais "pour faire un cadeau". Quant au lieu d'achat, il reste encore le privilège des librairies générales, mais les grandes surfaces gagnent du terrain et surtout les librairies sur internet qui grignotent chaque année quelques % de part de marché en plus. Enfin, c'est surtout la notoriété de l'auteur qui provoque pour 38% d'entre eux l'impulsion d'achat, ce qui en pratique se concrétise surtout par une ruée sur les quelques livres dont tout le monde parle à un moment donné, au détriment de la plus grande partie des autres nouveautés qui elles reviennent invendues de chez le libraire. Publicité, Marketing et coûteuses Campagnes de promotion sont donc les outils indispensables à tout futur éditeur qui souhaite vendre des livres.

Serge Eyrolles, président du Syndicat national de l'Édition, évoque lui la "relative bonne santé du livre" et avance un chiffre d'affaire de l'édition française en 2005 positif de +0,5%. Cela ne suffit toutefois pas à cacher la réalité de l'autre chiffre du marché du livre: les ventes de livres au détail enregistrent un recul de -0,5%, soit le premier chiffre en dessous de zéro depuis 1997. En librairie, seuls les achats pour les cadeaux de Noël semblent avoir limité les dégâts d'une mauvaise année 2005. Dans ce secteur tous les indicateurs baissent ou au mieux stagnent, que ce soit au niveau de la fréquentation, des ventes, des stocks ou de la trésorerie.