Stig Dagerman
Stig Dagerman

Romancier suédois, Stig Dagerman est né le 5 octobre 1923 à Älvkarleby (Suède).

Fils naturel, il est élevé par ses grands-parents paternels, petits cultivateurs, et ne rencontre sa mère qu'à l'âge de dix-huit ans. Son père, ouvrier, s'étant marié, le fait venir à Stockholm lorsqu'il a neuf ans. Après le baccalauréat et quelques études, il devient en 1941 critique au journal syndicaliste Arbetaren, dont il dirigera la page culturelle de 1944 à 1946. Pour lui donner la nationalité suédoise, il épouse en 1943 Annemarie Götze, fils d'un réfugié allemand anarcho-syndicaliste. En 1945 paraît son premier roman, Le Serpent, salué par une critique unanime qui fait de lui un des chefs de file ou, plus exactement, le symbole de la nouvelle littérature suédoise dont les mots-clés sont lucidité et angoisse. Pendant les cinq années suivantes, ses livres se succèderont à une cadence fébrile.

En 1946, Stig Dagerman devient secrétaire de rédaction de la revue 40-tal, qui réunit autour d'elle toute la nouvelle génération littéraire de l'après-guerre. La même année, il publie un grand roman allégorique, L'Île des condamnés, et sa première pièce de théâtre, Le Condamné à mort; en 1947, un reportage sur l'Allemagne en ruine, Automne allemand, et un recueil de nouvelles, Le Jeux de la nuit; en 1948, un volume de théâtre et le roman L'Enfant brûlé; en 1949, un deuxième volume de théâtre et le roman Ennuis de noce. Puis c'est le silence, à peine rompu par une pièce radiophonique. En 1950, ayant divorcé, il épouse l'actrice Anita Björk, également divorcée.

Heureux en ménage, Stig Dagerman est, à 31 ans, un des auteurs les plus fêtés de son pays lorsque, le 4 novembre 1954, il s'enferme dans le garage de sa maison de Danderyd et laisse tourner le moteur de sa voiture. Déjà, à plusieurs reprises, il avait fait des tentatives de suicide. Cette fois-là, il réussit. De nombreux recueils de nouvelles et de poèmes seront publiés à titre posthume, notamment Mille ans chez Dieu, qui aurait dû former l'introduction au grand roman auquel il travaillait à l'époque.