Pierre-Jakez Hélias
Pierre-Jakez Hélias

Pierre-Jakez Hélias — Pierre-Jacques Hélias pour l'état civil — est né le 17 février 1914 à Pouldreuzic (Finistère).

Fils d'ouvriers agricoles dont la langue maternelle est le breton, il n'apprend le français qu'à l'école. Il fait ses études à au lycée de Quimper, puis à la faculté de lettres de Rennes. Agrégé de lettres classiques, il se consacre d'abord à l'enseignement, en collège et à l'École Normale de Quimper. Il devient rédacteur en chef de la revue Vent d'Ouest en 1945. De 1946 à 1958, il travaille à Radio-Bretagne avant de se voir confier la chaire de langue celtique à l'université de Brest en 1971.

C'est à la publication du Cheval d'orgueil, sous-titré Mémoires d'un Breton du pays bigouden (1975, collection "Terre humaine" dirigée chez Plon par Jean Malaurie), tiré en partie de ses chroniques hebdomadaires publiées dans Ouest-France et La Bretagne à Paris, que Pierre-Jakez Hélias conquiert un large public. Dans ce qu'on a considéré comme l'un des principaux livres parus sur la paysannerie française, il présente l'image, vue par l'enfant qu'il était, des moeurs et des travaux quotidiens d'un petit coin de pays breton dans la première moitié du XXe siècle. Un film en sera tiré par Claude Chabrol en 1980.

Son inspiration est essentiellement puisée aux sources du conte et de la tradition orale, et comme il le dira dans Le Quêteur de mémoire (1990), suite autobiographique résumant sa méthode, il arpente les villages pour construire, de témoignage en témoignage, un recueil de la mémoire de la civilisation celtique, mémoire sur le point de disparaître en l'absence d'écriture.

Aux côtés de Xavier Grall et de Jean Markale, on considère Pierre-Jakez Hélias comme l'un des principaux artisans de la renaissance celtique et bretonne en France, tout comme il est sans doute l'un des plus grands conteurs français du XXe siècle. D'un genre dont il emprunte la forme à la tradition de son enfance, et qu'illustre par exemple la réputation de la conteuse Marharid Fulup, il fait le coeur d'une oeuvre alliant une description réaliste des moeurs et des soucis des gens de la vie réelle aux schémas les plus poétiques et métaphysiques de l'imaginaire.

Dans L'Herbe d'or (1982), récit élargi aux dimensions du roman, les éléments de la fable se joignent à la mythologie symbolique pour tenter une approche de la spiritualité celtique. Parmi ses autres oeuvres, citons notamment Les Autres et les miens (1977), La Sagesse de la terre (avec Jean Markale, 1978), La Colline des solitudes (1984), Midi à ma porte (1988), La Nuit singulière (1990) et, en langue bretonne, Le Passe-vie (1979).

Pierre-Jakez Hélias est mort le 13 août 1995, à l'âge de 81 ans.