François Weyergans
François Weyergans

Écrivain et cinéaste, François Weyergans est né le 02 août 1941 à Etterbeek, près de Bruxelles (Belgique). Son père est le romancier et essayiste belge Franz Weyergans.

François Weyergans passe toute son enfance à Bruxelles où il suit ses études secondaires au Collège Saint-Michel puis dans un établissement de Jésuites, l'Institut Saint-Boniface-Parnasse. Passionné de cinéma, il commence à rédiger quelques premiers articles dans la revue belge Le Blé. En 1957 il obtient le premier prix au concours des jeunesses cinématographiques de Wallonie et de Bruxelles. L'année suivante, il interrompt ses études en philologie romane pour venir suivre à Paris les cours de l'Institut des Hautes Études Cinématographiques (IDHEC, aujourd'hui La Femis). Là, il collabore aux Cahiers du cinéma et réalise en 1961-62 un premier court-métrage, Béjart, inspiré par le danseur et chorégraphe Maurice Béjart, dont il deviendra l'ami et pour qui il réalisera également plus tard Je t'aime, tu danses.

Dans les années suivantes, il tourne plusieurs autres courts-métrages où l'on sent l'influence de ses auteurs fétiches, Robert Bresson et Jean-Luc Godard: Hieronimus Bosch, Statues (Dijon, Florence, Tolède,...), Voleuses (sur les vols dans les grands magasins), Baudelaire est mort en été (sur Charles Baudelaire), Aline (tiré d'un récit de Charles-Ferdinand Ramuz) et Un film sur quelqu'un. Il réalisera également par la suite deux longs-métrages, Maladie mortelle (1977) et Couleur chair (1978, avec Bianca Jagger et Laurent Terzieff), mais ceux-ci ne seront pas distribués en salles en raison de divers problèmes financiers.

Entre-temps François Weyergans est venu à la littérature par le biais de la psychanalyse, avec la publication d'un roman, Le Pitre (Éditions Gallimard, 1973), satire boufonne de sa cure chez Jacques Lacan. Remarqué par la critique, le livre obtient le Prix Roger Nimier 1973. Suivent Berlin, mercredi (1979), Les Figurants (1980, Prix de la Société des Gens de Lettres) et Macaire le copte (1981), l'histoire d'un anachorète chrétien du IVe siècle reniant Dieu dans sa folie d'ascète, qui rate le Goncourt mais décroche le Prix des Deux Magots et le Prix Rossel de Belgique. François Weyergans décide dès lors de se consacrer entièrement à la littérature.

En 1983, il publie Le Radeau de la méduse (Prix Méridien des quatre jurys), en 1986 La Vie d'un bébé, en 1988 Françaises, Français, en 1989 Je suis écrivain, en 1990 Rire et pleurer, en 1992 La Démence du boxeur (Prix Renaudot). Après cinq années d'interruption, sort en 1997 Franz et François (Grand Prix de la langue française), un récit en partie autobiographique où il évoque ses relations tendues avec son père, critique littéraire de renom et écrivain d'inspiration catholique. Huit ans plus tard, en 2005, Trois jours chez ma mère, consacré lui à sa mère, obtient le Prix Goncourt au terme d'une intense compétition avec La Possibilité d'une île de Michel Houellebecq. La même année, l'éditeur Léo Scheer publie son tout premier roman, Salomé, écrit en 1969 mais resté jusque-là au fond d'un tiroir. Au total, malgré de longues pannes d'écriture (il est connu de ses éditeurs pour retarder sans cesse la remise de ses manuscrits), François Weyergans a réussi à achever une trentaine d'oeuvres au total, dont quinze films et douze romans.

Le 26 mars 2009, François Weyergans est élu à l'Académie française dans le fauteuil numéro 32, réputé "maudit", vacant pendant huit ans à la suite des décès de Maurice Rheims et d'Alain Robbe-Grillet (ce dernier avant même qu'il puisse l'occuper), et auparavant par un suicidé, un plagiaire et un proscrit. Il est officiellement reçu sous la Coupole le 16 juin 2011, soit 27 mois après son élection.