John Fante
John Fante

Romancier et nouvelliste américain, John Fante est né le 8 avril 1909 à Boulder (Colorado, Etats-Unis).

Fils d'immigrés italiens originaires des Abruzzes et installés près des montagnes Rocheuses au début du XXe siècle, John Fante étudie à l'école paroissiale de Boulder, puis dans un établissement scolaire dirigé par les Jésuites. Son père, Nick Fante, est un poseur de briques que le froid condamne chaque hiver au chômage. Sa mère, Mary, trouve dans la religion une consolation aux problèmes financiers de la famille et aux frasques de son époux, comme en témoignent les romans très autobiographiques de John Fante.

En 1929, il commence à écrire. L'année suivante, il s'installe à Wilmington, Californie, avec sa mère, sa soeur Josephine et ses deux frères Tom et Pete. Son père Nick a quitté sa mère pour une autre femme, l'abandonnant sans argent. John Fante essaye alors de faire vivre la famille en prenant de petits boulots sur les quais du port et dans les conserveries de poissons, activités qu'il décrira ensuite dans La Route de Los Angeles (1985).

Il suit des cours d'anglais à l'université de Long Beach. En 1932, John Fante publie sa première nouvelle dans l'American Mercury, revue alors dirigée par Henry Louis Mencken, avec qui il restera en correspondance pendant plus de vingt ans, mais sans jamais le rencontrer. Vers cette époque, Nick Fante se remet en ménage avec sa femme, et la famille va s'installer à Roseville, en Californie. John Fante, qui habite désormais Los Angeles, leur rend de fréquentes visites, dont nous retrouvons la trace tardive dans Les Compagnons de la Grappe (1977).

Son premier roman, Bandini, est publié en 1938. L'année suivante, John Fante publie Demande à la poussière. Et en 1940, un recueil de nouvelles voit le jour, Le Vin de la jeunesse.

Dans Rêves de Bunker Hill (1982), John Fante raconte ses premiers contacts avec le cinéma et l'écriture de scénarios. Dès 1933, il travaille pour Warner Brothers et entame une longue carrière de scénariste, d'abord à la Warner, puis chez MGM, RKO, Columbia, Paramount, et de nouveau la MGM. Il travaille, entre autres, sur des films comme Pleine de vie (adapté de son roman, 1956), Un seul amour (1957), Miracle à Cupertino (1961), La Rue chaude (1961), Champion (1963), Maya (1966). Cela ne l'empêche pas de se plaindre amèrement de son métier de scénariste, ainsi dans une lettre adressée à Mencken, son mentor littéraire: "Le compromis devient de plus en plus difficile à contrôler. Hollywood est un sale endroit. Il tue les auteurs. On meurt jeune, et de mort violente, ici."

En 1937, John Fante se marie et partage dès lors ses activités entre l'écriture et le cinéma. Il est l'ami d'Al Bezzerides, scénariste et romancier comme lui, et de Carey McWilliams, écrivain de Los Angeles. Mais en 1955, il est atteint de diabète, dont les complications le rendront aveugle en 1978. Il continue néanmoins d'écrire en dictant à sa femme Joyce son dernier roman, Rêves de Bunker Hill. Il meurt le 8 mai 1983, à l'âge de 74 ans, écrivain méconnu tant aux Etats-Unis qu'en Europe.

Comme Raymond Chandler, John Fante fait partie de ces rares écrivains américains qui savent admirablement évoquer la ville de Los Angeles, dans des romans tels que Demande à la poussière ou Rêves de Bunker Hill. Mais son principal mérite tient à la description du milieu qui est le sien: les immigrés italiens tiraillés entre leurs habitudes européennes et le mode de vie américain. Les tensions, malentendus et quiproquos qui en découlent constituent les thèmes essentiels de ses livres. Rarement l'enfance et la religion sont aussi bien évoquées, dans une langue simple, tantôt bouleversante d'émotion, tantôt truculente, tantôt franchement comique. Les conflits de génération, le désir d'écrire, l'amitié et l'amour, la révolte adolescente, la vanité de la réussite sont autant de thèmes que John Fante sait aborder avec force et originalité.