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La République des Lettres

Rainer Maria Rilke

Rainer Maria Rilke
Lettres à un jeune poète

La République des Lettres
ISBN 978-2-8249-0207-4
Livre numérique (format ePub)
Prix : 5 euros
Disponible chez • FnacAmazonKoboiTunes

Dominique de Villepin

Dominique de Villepin

Dominique de Villepin n'est pas encore candidat déclaré aux élections présidentielles de 2012 mais il a présenté aujourd'hui à la presse les grandes lignes de son futur programme de campagne, principalement axé sur la "citoyenneté".

Dressant tout d'abord un constat accablant de la politique menée depuis quatre ans par Nicolas Sarkozy, qui se traduit aujourd'hui selon lui par une "montée du populisme", l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac estime aujourd'hui de son devoir de proposer une alternative offrant aux citoyens "plus de dignité, plus de liberté et plus de sécurité".

Parmi la vingtaine de mesures, très concrètes, de son projet, le président de République Solidaire (RS) envisage notamment la création d'un "statut du citoyen". Ce revenu minimum, copié semble-t-il sur le projet d'"Allocation autonomie" proposé par le Parti Socialiste, serait fixé à 850 euros et attribué à tous les Français de plus de 18 ans sans ressource et, d'une manière dégressive, à tous ceux qui gagnent moins de 1.500 euros par mois. En contrepartie, il faudrait assurer des tâches d'intérêt général.

Côté fiscalité, Dominique de Villepin propose une réforme ambitieuse avec l'instauration d'un seul grand impôt, progressif, couplé aux revenus du patrimoine, et obligatoire pour tout le monde. Cet "impôt citoyen" fusionnerait la CSG, la CRFS et l'Impôt sur le Revenu (IR). Son taux serait symbolique pour les plus bas revenus et plafonné à hauteur de 60% pour les très hauts revenus, c'est-à-dire pour les quelque 500.000 contribuables les plus aisés. Il préconise également l'instauration d'une TVA 3E (Environnement, Emploi, Exportation), au taux de 19,6% à 24,6%, qui remplacerait les diverses cotisations sociales salariales et patronales.

Sur le plan institutionnel, il propose un Parlement resserré à 400 députés et 200 sénateurs, ainsi qu'un gouvernement comptant entre huit et dix ministres. Sur le modèle des Länder allemands et des grandes provinces espagnoles ou italiennes, la France serait en outre divisée en huit grandes régions, contre vingt-deux actuellement. Un conseil territorial présidé par le chef de l'État définirait la stratégie d'ensemble de ces nouvelles collectivités.

La vie citoyenne serait dynamisée grâce à l'instauration de référendums d'initiative populaire, soumis à l'échelle nationale mais aussi locale. Le vote serait en outre rendu obligatoire, de même qu'un "service citoyen" d'un an pour les jeunes âgés de 18 à 25 ans.

En matière de libertés publiques, Dominique de Villepin défend une vraie indépendance de la Justice avec la mise en place d'un "Procureur de la Nation" investi par le Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM) et par le Parlement. Les grands groupes industriels vivant des comandes de l'Etat n'auraient par ailleurs plus le droit de posséder des chaînes de télé ou des titres de presse.

Dans les entreprises, il propose qu'un tiers des postes des conseils d'administration et de surveillance soient réservés aux salariés.

Côté Éducation, il souhaite abaisser l'âge de la scolarité obligatoire à 3 ans et refondre l'enseignement primaire et secondaire (6 à 14 ans) dans une "École du Socle" et une "École de la Détermination" qui permettraient aux élèves de définir progressivement leur orientation.

Enfin, en matière de politique étrangère de la France, pour le néo-Gaulliste qu'est Dominique de Villepin, il est impératif de quitter le commandement intégré de l'Otan dans lequel Nicolas Sarkozy a entraîné la France pour complaire à son ami américain George W. Bush. Il propose également la création d'un Haut Conseil permanent franco-allemand.

Pour financer son projet, évalué au total à 273 milliards d'euros, dont 90 milliards consacrés à la réduction des déficits et 30 milliards au revenu citoyen ("seule nouvelle dépense", selon lui), Dominique de Villepin table sur les prélèvements obligatoires, un "grand emprunt citoyen" et les nouvelles ressources attendues par l'augmentation de la croissance.

Cet avant-programme de présidentiable, à l'évidence plus proche de celui du PS que de celui de son ex-parti, l'UMP, doit encore être développé dans les semaines à venir. Une mouture définitive sera présentée lors de la convention de République Solidaire (30.000 adhérents et sympathisants) qui se tiendra le 19 juin prochain, date à laquelle le probable candidat saura sans doute s'il peut réunir assez d'argent pour mener campagne ainsi que les 500 signatures d'élus nécessaires pour se présenter à l'élection présidentielle.

À ce stade, il refuse d'envisager une alliance avec l'ancien ministre de l'Écologie de Nicolas Sarkozy, Jean-Louis Borloo, qui a quitté l'UMP la semaine dernière afin de fédérer le centre. Pour l'instant, Dominique de Villepin, crédité de 5 à 10% des intentions de vote mais toujours sous la menace du procès en appel de l'affaire Clearstream qui se déroulera en mai, attend donc encore que la situation politique se clarifie avant d'annoncer officiellement s'il se lance dans la course à l'Elysée. "Le temps de la présidentielle n'est pas encore venu, les Français n'ont pas encore envie de départager leurs joueurs", assure-t-il, ajoutant qu'il faut que ses "idées cheminent".