Internet
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Nouvelles technologies, communications, services, e-commerce,... L'Internet n'est plus un secteur marginal de l'économie française.

Selon un rapport du cabinet McKinsey remis à Éric Besson (Ministre chargé de l'Économie numérique), mais réalisé pour le compte de plusieurs grands acteurs du Net dont le géant Google, les activités directes liées à la filière Internet pèsent en effet pas moins de 72 milliards d'euros, soit 3,2% du Produit Intérieur Brut (PIB) de la France en 2010.

En plus de sa propre création de valeur, Internet a par ailleurs un fort impact indirect sur de nombreux autres secteurs économiques. On évalue ainsi les achats réalisés physiquement dans les magasins, mais déclenchés par une recherche préalable sur le web, à environ 30 milliards d'euros par an. Au total, sa contribution sur les quinze dernières années s'élève à quelque 1,15 million d'emplois créés, soit 25% des créations d'emplois et 4,2% de la population active du pays. C'est plus que des secteurs clés de l'économie comme l'énergie, les transports ou encore l'agriculture.

Son poids ne cesse en outre de grandir. À l'horizon 2015, l'Internet contribuera ainsi encore au quart de la croissance française et pourrait générer 129 milliards d'euros (5,5% du PIB), voire 160 milliards "si la France parvient à atteindre la maturité numérique des cinq premiers pays de l'OCDE", estime l'étude du cabinet McKinsey qui chiffre en outre à 450.000 le nombre d'emplois supplémentaires créés pendant la même période.

McKinsey précise également que les entreprises françaises ayant développée une présence sur le web exportent deux fois plus et ont une croissance deux fois plus rapide que les autres entreprises équivalentes.

Par ailleurs, les internautes bénéficient aussi d'un "surplus de valeur", notamment à travers l'utilisation de services gratuits financés grâce la publicité en ligne. Ce surplus de valeur est évalué par McKinsey à 7 milliards d'euros pour l'année 2009, soit 36 euros par mois et par foyer connecté.

Parmi les entreprises françaises du Net les plus créatrices d'emplois et de valeur pour l'économie française, McKinsey cite de grandes réussites comme Dailymotion (service de partage de vidéos: premier site français en termes de fréquentation et 32e site le plus visité du monde), Meetic (site de rencontres: 42 millions de membres inscrits en Europe) et Priceminister (site d'achat / vente: 250 millions de produits mis en vente et trois millions de visites par jour), mais aussi des sites plus modestes mais néanmoins très actifs comme Restovisio (services aux restaurateurs), Babyloan (microfinance), Planetveo.com (voyages sur mesure) ou encore Aquarelle.com (Fleurs).

La France se classe 17e parmi les pays de l'OCDE en matière de taux d'accès à Internet, loin derrière la Grande-Bretagne (4e) et l'Allemagne (13e). Son retard s'explique notamment par un faible usage des PME et des administrations publiques. En Europe, elle se situe dans la moyenne, au 8e rang, avec 64% des ménages disposant d'un accès internet à domicile, contre 91% par exemple au Pays-Bas, 85% au Danemark ou 80% au Royaume-Uni. On note toutefois que la fracture numérique tend à se réduire puisque la proportion de ménages français connectés est passée en dix ans de 12% à 64%. Parmi eux, neuf sur dix sont équipés d'un accès haut débit.

53% des Français ont également effectué au moins un achat sur internet en 2010, le plus souvent de vêtements, de produits culturels et de voyages ou séjours de vacances. Le chiffre d'affaires du commerce électronique a progressé de 24% pour atteindre 31 milliards d'euros l'an dernier, selon la Fédération du E-commerce et de la Vente à Distance (FEVAD).

Enfin, l'internet mobile effectue une percée remarqué avec désormais 38% des internautes français surfant sur le Net à l'extérieur du bureau ou du domicile, via un smartphone type iPhone d'Apple, ou via un ordinateur portable connecté en mode Wi-Fi.