Edith Sitwell
Edith Sitwell

Poétesse et critique littéraire, Dame Edith Sitwell est née à Scarborough (Royaume-Uni) le 1er septembre 1887. Soeur aînée d'Osbert et de Sacheverell Sitwell, eux-mêmes futurs écrivains, elle est élevée dans une famille de la noblesse anglaise descendante des Plantagenets. Son père, baron de Renishaw Hall, est l'auteur de divers essais, dont une Histoire de la Fourchette.

Sa carrière poétique commence en 1916 quand elle publie un choix annuel de poèmes publié par la revue Wheels (Roues). Dans ces volumes anthologiques se retrouvent les trois Sitwell et divers auteurs invités, dont Aldous Huxley et Wilfred Owen. Le but de l'entreprise, qui durera jusqu'en 1921, est de ridiculiser les conventions poétiques de la société géorgienne de l'époque.

Les premiers recueils d'Edith Sitwell sont intitulés La Mère et autres poèmes (1915), Maisons des clowns (1918), Le Pégase de bois (1920), ou encore Façade (1922), ce dernier étant déclamé avec un mégaphone et accompagné d'une musique de sir William Walton. Elle est alors à la recherche de motifs sonores, et pressent dans une certaine mesure les recherches du Lettrisme. Ensuite, le ton s'assombrit, quelque compassion apparaît, sa poésie gagne en hauteur de vue et en humanité, s'enrichissant en partie de l'influence du symbolisme: Chansons des rues (1942), Chanson du froid (1945), Le Cantique de la rose (1949). Néanmoins, ses débuts — avec leur côté anticonformiste et burlesque, volontaire ou involontaire, avec leur jonglerie verbale, et toute la vaticination autopublicitaire qui les accompagne — sont peut-être la part la plus durable de son oeuvre.

Edith Sitwell est également l'auteur de plusieurs essais littéraires et volumes en prose, très inégaux, dont un, singulier et attachant: Les Excentriques anglais (1933), qui sera son best-seller. D'autres sont consacrés notamment aux vies des reines Elisabeth 1ère et Victoria et aux écrivains William Shakespeare, Jonathan Swift et Alexander Pope.

Sans mari ni amant connu, elle vit à Londres, puis à Paris, avec sa gouvernante Helen Rootham qui l'accompagnera de 1903 à 1938. Ses Poésies complètes sont publiées en 1954. Elle est anoblie la même année — elle portera désormais le titre de Dame de l'Ordre de l'Empire britannique — et se convertit au Catholicisme peu après.

Dame Edith Sitwell décède à Londres le 09 décembre 1964, à l'age de 77 ans.

Son autobiographie, Prise en charge, est publiée l'année suivante (1965). C'est un livre modeste où elle ne se ménage pas mais, par endroits, s'abandonne à ses partis pris: elle exècre par exemple D.H. Lawrence mais se flatte d'avoir découvert Dylan Thomas.