Florence Khélifi

Après l'ex-gendarme Michel Roussel c'est au tour de Fanny, la prostituée toulousaine ex-amie de Patrice Alègre, de publier sa vérité dans un vrai-faux polar racoleur pour librairies de gares : Mes nuits noires dans la Ville rose (éditions Michel Lafon / Jean-Claude Gawsevitch).

Signés de son vrai nom Florence Khélifi, les 250 pages qu'un journaliste nègre de l'édition lui a rédigé vite fait commence par un viol dans un hôtel de luxe de la ville rose, se poursuit par les soirées sado-maso dans les villas de la campagne gersoise, s'attarde longuement sur le destin de prostituée et offre aux avides gazettes, juste avant la confrontation de Patrice Alègre et Dominique Baudis dans le bureau du juge, de fracassantes révélations tant sur les perversions sexuelles de divers notables du sud de la France (toutefois non cités nomément: "Le Cobra", "La Faux", "Monsieur Trois", etc...) que sur les dessous vertigineux de l'affaire Alègre avec son cortège de personnages dévoyés : voyous proxénètes (Lakdar Messaoudène), prostituées en rupture de ban (Fanny et Patricia, désormais dans le droit chemin puisqu'elles publient des livres), magistrats pervers (Marc Bourragué), politiciens corrompus (Dominique Baudis, ex-député maire de Toulouse actuellement président du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel) et policiers douteux (Michel Roussel), tous plus romanesques les uns que les autres. Ceci sans oublier bien entendu le décryptage psychologique et les anecdotes sur son ex-ami Patrice Alègre devenu sérial killer dont tous les amateurs de poésie attendent impatiemment les mémoires : "Il pouvait tuer par plaisir mais aussi sur commande".

S'il était un peu mieux écrit, ce document de l'année 2004 sur le milieu toulousain des années '90 aurait pu entrer dans le catalogue de la Série Noire des années '70.