Giuseppe Tomasi
Giuseppe Tomasi

Giuseppe Tomasi, duc de palma, prince de Lampedusa, écrivain — ou, plus exactement, homme d'un livre et "cas" célèbre des lettres italiennes — est né à Palerme (Sicile) le 23 décembre 1896, mort à Rome le 23 juillet 1957.

Issu d'une famille sicilienne de vieille noblesse, il ne se manifeste, dans sa jeunesse, par aucune activité spécifiquement littéraire: officier d'artillerie pendant la guerre de 1914-1918, il demeure dans l'armée après la fin des hostilités, mais en démissionne en 1925, probablement par antifascisme, et mène par la suite la vie oisive des riches, entrecoupée de voyages et de séjours à l'étranger, rédigeant de temps à autre quelques récits ou souvenirs d'enfance, ainsi que des textes à propos de lectures françaises — ces pages paraîtront, posthumes, en 1961, et seront traduites en français sous le tire Le Professeur et la Sirène.

Giuseppe Tomasi compose, probablement au cours de la dernière décennie de sa vie, son ouvrage majeur et en somme unique, Le Guépard, qui ne paraîtra qu'au lendemain de sa mort, en 1958, dans une version procurée par Giorgio Bassani, lui-même écrivain des plus distingué. Le livre, signalé par le prix Strega en 1959, obtiendra aussitôt, en Italie et à l'étranger, un succès important, qu'étendra et prolongera le très beau film qu'en tirera Luchino Visconti.

Le Guépard retrace, vues du côté de l'aristocratie sicilienne, la fin du royaume des Deux-Siciles en 1859 et, au cours des décennies suivantes, la montée d'une classe nouvelle, la bourgeoisie. La fin mélancolique d'une époque donc, vue à travers un protagoniste pour lequel l'auteur s'est inspiré de la figure de son arrière-grand-père: en fait, ce protagoniste est plutôt le truchement direct des sentiments de l'auteur, qui se décrit, à table, au bal, à la chasse, etc.

Le livre de Giuseppe Tomasi est d'une grande beauté, par l'ampleur de la vision romanesque ainsi que par la qualité du style. Il a suscité toutefois quelques objections: d'une part la similitude du thème et de l'inspiration avec l'un des grands livres de la littérature sicilienne, Les Vice-Rois, de Federigo de Roberto (1894), malheureusement gâté par une écriture trop précieuse, d'autre part le rôle tenu dans la mise au point finale du manuscrit par son éditeur Giorgio Bassani, qui dans ses propres livres révèlera ultérieurement une sensibilité fort proche de celle qui se manifeste dans Le Guépard.