Sofia Coppola
Sofia Coppola

Cinq ans ont passé depuis Marie-Antoinette. On en aurait presque oublié à quel point Sofia Coppola est une réalisatrice singulière. Bien sûr, le Lion d'Or qu'elle a reçu à la Mostra de Venise en septembre dernier aurait pu nous le rappeler.

Son quatrième long métrage, Somewhere, va bien quelque part, même s'il n'en a pas l'air. Ce film où il ne se passe à peu près rien met en image la vie de Johnny Marco, star mondiale du cinéma propulsée depuis quelques années sous les feux du star-system, qui passe son temps allongé sur son lit à regarder des numéros privés de pole dance, à se promener dans les rues de Los Angeles en Ferrari, à séduire les femmes du luxueux château Marmont dans lequel il réside. Lorsque son ex-femme lui confie sa fille de 11 ans pour quelques jours, on pourrait croire que le film va ici enfin démarrer. Il n'en sera rien.

Sofia Coppola est une réalisatrice d'ambiance, d'atmosphère. Elle filme ses deux acteurs principaux — Stephen Dorff, un tantinet has been, et Elle Fanning, parfaite — dans de longs plans séquences à la symbolique éloquente. La relation père-fille et surtout la prise de conscience de la vacuité de la vie du personnage principal se font jour par la peinture de moments ordinaires dont elle réussit à extraire la poésie.

La photographie de Harris Savides, chef opérateur de David Fincher (Zodiac, The Game) et de Gus Van Sant (Gerry, Elephant, Last Days, Harvey Milk), ajoute à l'éclat de ce film, miroir de l'industrie du cinéma à Hollywood.

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Sofia Coppola, Somewhere ave Stephen Dorff, Elle Fanning et Chris Pontius.