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La République des Lettres

Rainer Maria Rilke

Rainer Maria Rilke
Lettres à un jeune poète

La République des Lettres
ISBN 978-2-8249-0207-4
Livre numérique (format ePub)
Prix : 5 euros
Disponible chez • FnacAmazonKoboiTunes

Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon est né le 19 août 1951 à Tanger (Maroc). Son père, Georges Mélenchon, est receveur des PTT, fondateur aussi de la station de radio-télécom de Tanger, sa mère institutrice. La famille revient s'installer en France en 1962, d'abord à Yvetot, en Normandie, puis dans le Jura où sa mère est muté. Il suit ses études au lycée Rouget de Lisle de Lons-le-Saunier puis à la Faculté des lettres et sciences humaines de Besançon où il obtient une licence de philosophie.

Il milite activement dans son lycée de Lons-le-Saunier dès mai 68. L'année suivante il adhère à l'Union Nationale des Étudiants de France (UNEF) puis à l'Organisation Communiste Internationaliste (OCI). En 1970, après une scission de l'UNEF, il participe au combat pour reconstruire une cellule locale du syndicat étudiant. Pendant quatre années, Jean-Luc Mélenchon sera de toutes les luttes étudiantes et ouvrières du Jura, dont notamment la célèbre grève des Lip à Besançon.

Il poursuit parallèlement ses études, se marie, travaille comme correcteur d'imprimerie pour gagner sa vie. En 1974, naît son unique fille, Maryline. Il intègre le bureau national de l'Unef-Unité syndicale. Sa liste aux élections du CROUS en 1975 obtient 60 % des suffrages exprimés. Deux ans plus tard, en 1976, il quitte Besançon pour enseigner le français dans un lycée technique de Lons-le-Saunier.

En 1977, après quatre années passées dans les rangs trotskistes-léninistes, Jean-Luc Mélenchon adhère dans le Jura au Parti Socialiste de François Mitterrand. Il y occupe très vite des responsabilités départementales et crée un journal fédéral PS-PCF pro-Union de la gauche. Lors d'une fête locale du Poing et la Rose, il rencontre Claude Germon, maire de Massy (Essonne) et membre du bureau exécutif du PS, qui lui propose de devenir son directeur de cabinet.

Jean-Luc Mélenchon prend ses fonctions à Massy en 1978. Militant socialiste actif, il fonde un bulletin hebdomadaire baptisé À Gauche et devient progressivement l'un des principaux dirigeants du courant mitterrandiste local. Lors du congrès de Valence, en 1981, il est nommé Premier Secrétaire de la fédération socialiste de l'Essonne. C'est ce département de la banlieue parisienne qui deviendra son fief politique. Il y sera élu Conseiller municipal (1983-89), Conseiller général (1985-92 et 1998-2004, dont Vice-président du Conseil de 1998 à 2001), adjoint du maire de Massy (1989-95) et Sénateur (élu en 1986 à l'âge de 35 ans, réélu en 1995 et en 2004, inscrit d'abord au groupe socialiste puis au groupe Communiste, Républicain, Citoyen et Sénateurs du Parti de Gauche - CRC-SPG).

En 1988, réagissant à l'entrée de personnalités politiques centristes dans le gouvernement de Michel Rocard, il fonde avec Julien Dray et Marie-Noëlle Lienemann le courant de la "Gauche socialiste". Il s'oppose ouvertement à la participation de la France dans la Guerre du Golfe (1990-91).

En 1997, lors du congrès de Brest, Jean-Luc Mélenchon avance une motion face à Lionel Jospin, alors Premier Secrétaire du PS. Il se présente au poste de Premier secrétaire face à François Hollande mais n'obtient que 8,8% des suffrages. De 2000 à 2002, il accepte de participer au gouvernement de cohabitation de Lionel Jospin, à titre de Ministre délégué à l'Enseignement professionnel, sous tutelle du Ministre de l'Éducation nationale Jack Lang. Il y mènera une réforme réussie des CAP, le lancement du lycée des métiers, ainsi que la création de la validation des acquis de l'expérience.

En 2002, après l'éclatement de la "Gauche socialiste" il co-fonde avec Henri Emmanuelli le club de réflexion "Nouveau monde", qui se veut la voix de la gauche du parti Socialiste de l'époque à travers l'hebdomadaire Données et arguments. Ce courant sera mis en sommeil en 2005, après des divergences avec Henri Emmanuelli sur le référendum sur la Constitution européenne, Jean-Luc Mélenchon regroupant alors ses partisans au sein du club "Pour la République Sociale" (PRS), indépendant du PS. Aux côtés entre autres de Laurent Fabius et de Marie-Noëlle Lienemann qui enfreignent la consigne de vote du PS, de Marie-George Buffet (PCF), d'Olivier Besancenot (LCR) et de José Bové (Confédération paysanne), il prône le "Non" au Traité de constitutionnel européen (dit Traité de Lisbonne).

Aux élections présidentielles de 2007, il soutient d'abord Laurent Fabius lors des primaires socialistes puis appelle clairement à voter pour Ségolène Royal face à Nicolas Sarkozy.

Au sein du Parti socialiste, où il aura exercé successivement pendant près de trente ans les fonctions de Premier secrétaire de la fédération de l'Essonne (1981-87), Membre du comité directeur puis du bureau national (1987-2008), Directeur politique de l'hebdomadaire Vendredi (1993-95) et Secrétaire national (1993 et 2005-08), Jean-Luc Mélenchon a toujours représenté l'aile la plus à gauche du parti.

Lors du Congrès de Reims en septembre 2008, il anime le mouvement "Trait d'Union" et s'allie aux autres personalités de la gauche du PS, dont notamment Henri Emmanuelli et Benoît Hamon (motion "Un monde d'avance"), pour contrer les candidats "socio-libéraux" (Ségolène Royal, Bertrand Delanoë et Martine Aubry). La motion "centriste" de Ségolène Royal arrivant largement en tête, il décide de quitter le parti, accompagné entre autres de Marc Dolez, député nordiste et animateur de "Forces militantes". Il fonde en février 2009 sa propre formation politique, baptisée le Parti de Gauche (PG), fortement inspirée par le parti allemand Die Linke de son ami Oskar Lafontaine.

En juin 2009, il conduit dans la circonscription Sud-Ouest la liste du Front de Gauche -- alliance entre le Parti Communiste Français, le Parti de Gauche et Gauche unitaire (mouvement issu du Nouveau Parti Anticapitaliste d'Olivier Besancenot) -- qui obtient 8,15 % des suffrages exprimés. Il est élu député au Parlement européen, où il siège actuellement au sein du groupe confédéral de la Gauche unitaire européenne / Gauche verte nordique.

En novembre 2010, lors du congrès du Mans, il quitte son siège de Président du Parti de Gauche pour être réélu Co-Président, en binôme avec Martine Billard (députée démissionnaire des Verts).

Républiquain, Socialiste, universaliste, laïc, Jean-Luc Mélenchon se démarque clairement des tentations centristes du PS et de l'écologie libérale. Il ambitionne de rassembler les Français sur une ligne politique antilibérale et ambitionne d'être le candidat de l'autre gauche aux prochaines élections présidentielles. Prônant une "révolution citoyenne par les urnes", il suit de près les réformes novatrices menées dans certains pays socialistes d'Amérique latine comme le Vénézuela d'Hugo Chavez, la Bolivie d'Evo Morales, l'Equateur de Rafael Correa ou encore le Brésil de Lula et Rousseff.

Jean-Luc Mélenchon fustige régulièrement "les puissants qui saccagent le pays", "l'oligarchie des patrons et des financiers" ou encore "les barons" des "médias de référence", ainsi qu'il les appelle ironiquement. Il n'hésite pas à critiquer ouvertement et avec justesse la servilité de certains journalistes sarkozystes comme, entre autres, David Pujadas (France 2), traité de "salaud" et de "larbin" dans un film documentaire de Pierre Carles, ou Laurence Ferrari (TF1), traitée de "perruche", s'attirant en retour les foudres de la corporation.

Son anti-libéralisme, sa victoire aux régionales, sa proposition de "revenu maximum" limité à 320.000 euros par an, son omniprésence en tête des manifestations contre la réforme sarkozyste des retraites, son invitation à la très populaire émission télé Vivement Dimanche de Michel Drucker, ainsi que le succès de son dernier livre, Qu'ils s'en aillent tous !, classé un temps numéro 1 des ventes de livres politiques en France (56.000 exemplaires écoulés en quelques semaines), exaspère ses nombreux détracteurs. À gauche comme à droite, on s'évertue par tous les moyens à le dénigrer en montant en épingle le moindre de ses propos, à le décrédibiliser en le taxant de "populiste" (terme qu'il dénonce, "l'invention du populisme comme catégorie" étant selon lui un mépris du peuple, "la ruse des puissants [...] qui tiennent tout et possèdent tout"), ou à le ridiculiser en le comparant à feu Georges Marchais (ancien Secrétaire général du PCF). Certains de ces calomniateurs, comme Jean-Paul Huchon et Manuel Valls (membres de l'aile droite du Parti Socialiste) ou encore Daniel Cohn-Bendit (Eurodéputé écolo-libéral-libertaire), dérapent jusqu'à le traiter de "Le Pen de gauche".

Les attaques et les controverses dont il est l'objet n'empêchent toutefois pas l'ascension politique de Jean-Luc Mélenchon qui voit grimper sa cote de popularité auprès des Français. Les sondages enregistrent également une nette poussée en faveur d'un futur Front de Gauche commun -- réunion possible des Parti de Gauche, Parti Communiste, Gauche Unitaire, La Fédération et Nouveau Parti Anticapitaliste -- qu'il pourrait être amené à représenter aux présidentielles de 2012. Selon lui, "le Front de Gauche est capable de passer en tête de la gauche et d'être reconnu par la France comme son alternative".

Le 21 janvier 2011, Jean-Luc Mélenchon annonce officiellement sa candidature à l'élection présidentielle de 2012. "Je souhaite être le candidat du Front de Gauche", déclare-t-il sur l'antenne de RMC / BFM TV. "La décision est prise, on a bien réfléchi et je propose ma candidature. D'abord ce week a mes amis [...] puis je la proposerai à mes partenaires, notamment le Parti Communiste. J'adresse aussi cette candidature aux autres formations, comme le NPA", précise-t-il.

Jean-Luc Mélenchon met une revendication au coeur de sa campagne électorale: celle du "partage des richesses" et d'un "salaire maximum". La proposition consiste à imposer par la loi que le plus haut salaire dans les entreprises françaises ne dépasse pas vingt fois le plus bas. Il réitère cette proposition le 14 février 2011 lors d'un débat télévisé qui l'oppose à Marine Le Pen, précisant à cette occasion qu'il souhaite taxer à 100% les revenus de plus de 30.000 euros par mois. Accusé par la présidente du Front National lors du même débat de "faire partie du système", il répond: "Si Dominique Strauss-Kahn est candidat, c'est moi qui serait en tête de la gauche" (à la présidentielle de 2012). En politique étrangère, il prône le départ des troupes françaises d'Afghanistan et de l'Otan, ainsi que la sortie du Traité de Lisbonne. Il reprend également à son compte la proposition des Verts de sortir du nucléaire civil.

Le 05 juin 2011, lors d'une Conférence nationale réunissant 670 délégués du parti, le PCF l'investit officiellement candidat du Front de gauche pour la présidentielle de 2012, en échange d'un accord de programme commun et d'une répartition des circonscriptions entre le PCF et le PG aux futures législatives. Investiture confirmée le 18 juin suivant, dans une sorte de primaire où il était opposé aux communistes André Chassaigne et Emmanuel Dang Tran, par quelque 60% des 130.000 militants du parti.

Parmi les principaux livres politiques publiés par Jean-Luc Mélenchon, citons: À la conquête du chaos (1991); Jusqu'à l'os (1991); Pour la République sociale (avec Julien Dray, Marie-Noëlle Lienemann et Harlem Désir, 1992); Rocard: Le rendez-vous manqué (1994), Sept jours dans la vie d'Attika ("roman politique" écrit avec avec Harlem Désir, Julien Dray, Gérard Filoche et Marie-Noëlle Lienemann, 2000); Le Nouvel âge du capitalisme (préface à ce livre collectif, 2000), Manifeste pour une école globale (préface à ce livre collectif, 2002); Causes républicaines (2004); En quête de Gauche (avec Michel Soudais, 2007); Réplique au discours de Nicolas Sarkozy, Chanoine de Latran (2008); L'Autre Gauche (2009), Jean Jaurès (préface aux Discours de Jaurès en Amérique latine) et Qu'ils s'en aillent tous ! Vite la révolution citoyenne (2010).