Google | Twitter | Facebook | Blog | Lettre d'information | Fnac | Kobo | iTunes | Amazon

La République des Lettres

Rainer Maria Rilke

Rainer Maria Rilke
Lettres à un jeune poète

La République des Lettres
ISBN 978-2-8249-0207-4
Livre numérique (format ePub)
Prix : 5 euros
Disponible chez • FnacAmazonKoboiTunes

Jean-Paul Huchon

Jean-Paul Huchon

Élu à trois reprises depuis 1998 à la tête du Conseil régional d'Île-de-France, Jean-Paul Huchon est aujourd'hui sur la sellette après que le rapporteur public Édouard Geffray, magistrat chargé de dire le droit au Conseil d'Etat, a recommandé l'annulation de sa réélection du 21 mars 2010 ainsi que son inéligibilité pour un an.

Le président PS de la région a été mis en cause par un jeune élu UMP, Paul Midy, qui lui reproche une campagne publicitaire organisée par le Sitf (l'organisme des collectivités locales d'Île-de-France qui gère les transports publics en région parisienne) en septembre 2009, soit quelques mois avant le scrutin des régionales. Cette campagne d'affichage vantait notamment les mérites de la politique de transports de la Région Île-de-France, mais pour le rapporteur public, "cette opération ne peut être regardée comme neutre dans le contexte de l'élection" et aurait servi la campagne électorale du président sortant. Outre l'annulation des résultats du scrutin, il demande le rejet des comptes de campagne de Jean-Paul Huchon, pourtant validés en juillet dernier par la Commission ad hoc.

Dans un entretien accordé au quotidien Le Parisien/Aujourd'hui en France, Jean-Paul Huchon estime que si le Conseil d'Etat suit l'avis du rapporteur sur son éventuelle inéligibilité, cela s'apparenterait à "un assassinat politique". Selon lui, "il y a en ce moment une tentative du gouvernement de reprendre en main tous les leviers, notamment ceux des collectivités locales".

Avocat du Président du Conseil régional, Me Frédéric Thiriez fait valoir que la campagne d'affichage incriminée est une "campagne d'information récurrente organisée de façon identique chaque année depuis 2005" et que l'affiche en question portait la seule inscription "neutre et dépersonnalisée": La région fait grandir vos transports. Il rappelle par ailleurs que la liste PS-Europe écologie-Front de gauche menée par son client a été élue haut la main avec 56,69 % des voix, soit 400.000 de plus que la liste UMP-Nouveau Centre de son adversaire, Valérie Pécresse, actuelle ministre sarkozyste de l'Enseignement supérieur.

Pour cette dernière, "l'argent du contribuable de la région a servi à financer des campagnes de la région pendant la campagne électorale, c'est un mélange des genres sinon illégal, au moins immoral". Une position que ne partage toutefois pas Roger Karoutchi, président UMP de la commission régionale des finances, qui s'avoue lui "assez surpris" et estime qu'il faudrait "une législation beaucoup plus claire sur les comptes de campagne".

Côté socialiste, Julien Dray, Vice-président du conseil régional et député de l'Essonne, juge la situation "ubuesque". Marie-Pierre de La Gontrie, Première vice-présidente, s'interroge pour sa part sur les motivations politiques sous-jacentes à cette affaire et n'hésite pas à accuser Valérie Pécresse d'avoir elle "bénéficié d'une campagne payée par le gouvernement pendant toute la campagne électorale sur le Grand Paris".

Quelle que soit la décision de la plus haute juridiction administrative, qui devrait se prononcer avant fin décembre, la gauche conservera les rênes du conseil régional avec 142 élus contre 67 pour la droite, même s'il faut réélire un nouveau président.

Dans une récente affaire similaire en région Provence-Alpes-Côtes d'Azur, où le candidat UMP Thierry Mariani battu par le socialiste Michel Vauzelle a lui aussi déposé un recours devant le Conseil d'Etat, ce dernier a rejeté la demande, estimant que les campagnes de communication mises en cause ne présentaient qu'un "caractère purement informatif sur la vie régionale".