Pablo Picasso
Pablo Picasso

Déjà incroyablement riche, l'oeuvre de Picasso vient de s'enrichir de nombreuses nouvelles pièces.

Au total 271 collages cubistes, aquarelles, gouaches et lithographies, estimés à une soixantaine de millions d'euros, sont désormais entre les mains de l'Office Central de Lutte contre le Trafic des Biens Culturels (OCBC). Depuis plusieurs dizaines d'années en effet, ces tableaux et dessins de Picasso (dont un portrait de sa première épouse, Olga) étaient en la possession d'un électricien qui les conservait secrètement à son domicile des Alpes-Maritimes.

Pierre Le Guennec, 71 ans, a travaillé comme employé de maison chez Pablo Picassso durant les trois dernières années de sa vie, de 1970 à 1973. Aujourd'hui, il assure que le peintre et sa dernière épouse (morte en 1986) lui ont fait don de ces oeuvres. Une thèse à laquelle ne veut pas croire Claude Picasso, fils du maître et administrateur de sa succession. "Donner une telle quantité, ça ne s'est jamais vu", estime-t-il. Pour lui, la plupart des oeuvres "n'auraient jamais dû quitter l'atelier". C'est pourquoi, il a décidé, avec cinq autres héritiers, de porter plainte pour recel.

Tout a commencé le 14 janvier dernier lorsque Pierre Le Guennec écrit à Claude Picasso pour lui demander d'authentifier 26 oeuvres. 200 d'entre elles sont expertisées à Paris le 9 septembre mais deux semaines plus tard, le 23 septembre, les six héritiers de Pablo Picasso déposent plainte pour recel. Le 5 octobre, la police saisit la totalité des 271 pièces au domicile de Pierre Le Guennec. le 15 octobre, le couple de retraités est entendu lors d'une garde à vue, mais leur avocate assure qu'aucune charge n'est retenue contre eux.

C'est désormais à la justice de trancher. "Il ne faut pas que ce patrimoine se retrouve dispersé", espère le fils Picasso sans exclure d'en offrir certaines à des musées. En attendant, les oeuvres cachées depuis près de quarante ans reposent aujourd'hui en toute sécurité dans les locaux franciliens de l'OCBC.