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La République des Lettres

Rainer Maria Rilke

Rainer Maria Rilke
Lettres à un jeune poète

La République des Lettres
ISBN 978-2-8249-0207-4
Livre numérique (format ePub)
Prix : 5 euros
Disponible chez • FnacAmazonKoboiTunes

Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon

Qu'ils s'en aillent tous ! vite, la révolution citoyenne, le titre du dernier livre de Jean-Luc Mélenchon est explicite.

À 59 ans, l'ex-ministre socialiste du gouvernement Jospin a passé l'âge de prendre des gants. Depuis sa rupture avec le PS et son alliance gagnante avec le PCF, le patron du Parti de Gauche est un homme en colère, pourfendant avec la même verve les néolibéraux de tous bords, qu'ils soient de la droite dure comme Nicolas Sarkozy ou du centre-droit comme Dominique Strauss-Kahn. Les médias ont aussi droit à quelques critiques acerbes bien envoyées. Une stratégie revendiquée pour faire triompher les idées de l'autre gauche qu'il entend bien représenter aux élections présidentielles de 2012.

En attendant, Jean-Luc Mélenchon est partout et il tape fort. Contre les "les bonnes consciences", "la caste médiatico-politique", "les patrons hors de prix", "les antihéros du sport". Nicolas Sarkozy ? L'eurodéputé le voit en "Thatcher du XXIe siècle". Le duo Dominique Strauss-Kahn / Martine Aubry ? "Si le PS propose la politique économique du FMI avec Strauss-Kahn ou l'allongement des durées de cotisation de retraites avec Martine Aubry", c'est non, prévient-il.

Pas de traitement de faveur non plus pour les journalistes valets des pouvoirs financiers et politiques qui n'ont de cesse de le dénigrer. Arlette Chabot est invitée à "aller au diable" et David Pujadas se fait traiter de "larbin" dans un documentaire qui fait florès sur Internet. Le leader du Front de Gauche explique: "Je suis partisan d'une révolution citoyenne dans les médias, qui frappe d'abord le service public car c'est lui qui est redevable aux citoyens, et deuxièmement toutes les entreprises de presse privées. Comment pourrais-je être révolutionnaire dans la société, pour le déplacement du curseur du partage des richesses, pour la sortie du traité de Lisbonne, pour la refondation républicaine de la société et des institutions, et puis je m'arrêterais à la porte de la cathédrale médiatique, le béret à la main, m'inclinant devant les professeurs de vérité qui s'y trouvent, pour venir y recevoir les leçons de morale qu'on voudra bien m'y donner ? Il n'en est pas question".

Jean-Luc Mélenchon ne retient plus ses coups, assumant pleinement l'étiquette de "populiste" que ses détracteurs veulent lui attribuer en pensant le diaboliser. "C'est ce que les gens attendent dans un pays au bord de la faillite. Tout mec de gauche qui a des tripes se doit d'être en colère. Ses coups de gueule bousculent le système", décrypte l'élue parisienne Danielle Simonnet, secrétaire nationale du Parti de Gauche. "Si on veut être entendu aujourd'hui, il faut arrêter l'eau tiède", renchérit son camarade Alexis Corbière.

Pour Jean-Luc Mélenchon, la révolte populaire gronde, et la France pourrait bientôt accoucher d'une de ces "révolution citoyenne" qui transforment aujourd'hui profondément le paysage politique de l'Amérique latine. Le titre du livre reprend d'ailleurs le slogan lancé en 2001 par la gauche argentine lorsque banquiers, politiciens véreux et Fonds Monétaire International (FMI) provoquèrent la faillite du pays.

Radical, l'auteur de Qu'ils s'en aillent tous ! l'est certes, mais il sait aussi avancer des propositions sur de nombreux sujets comme l'Europe, l'indépendance de la France, le développement durable, les services publics, le partage des richesses, etc. Exemple sur l'énergie: "Notre indépendance énergétique, c'est notre sécurité. La vraie solution, c'est le remplacement du nucléaire. La sortie est réaliste. Etalée dans le temps nécessaire, elle est jouable"; sur la réduction de l'écart entre les revenus: "Pas de revenus plus de vingt fois supérieurs à celui du niveau de vie médian. Cela situerait le plafond autour de 350.000 euros annuels"; sur la Ve république: "Il faut tourner la page du présidentialisme. Un peuple citoyen n'a que faire de cet archaïsme paternaliste. Un bon régime parlementaire stable, voilà la voie de la dignité civique"; etc...

Message reçu: les colères et les propositions de Jean-Luc Mélenchon font un carton sur le web et sa cote bondit dans les sondages. Mais au Parti Socialiste, la posture de "tribun du peuple" agace, même si l'on prend soin de ménager un éventuel partenaire. Lui ne se gêne pas: "Mon intention est de battre les socialistes. Je pense qu'ils ne sont pas bons". La droite, elle, apprécie ce nouveau Besancenot venu affaiblir le PS sur sa gauche, mais elle le surveille. Certains alliés communistes du Front de Gauche s'inquiètent aussi d'une OPA mélenchoniste sur le parti qui ne dirait pas son nom. À la dernière Fête de L'Huma, le député André Gérin s'était ému que le PCF devienne un simple "marchepied au Parti de gauche".

Depuis, Jean-Luc Mélenchon a mis ses ambitions présidentielles en veilleuse. Ce qui ne l'empêche pas d'emprunter d'autres estrades pour faire passer ses messages, dont le désormais célèbre canapé consensuel de Michel Drucker dans Vivement Dimanche.

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Jean-Luc Mélenchon, Qu'ils s'en aillent tous ! vite, la révolution citoyenne (Éditions Flammarion).