Louis-Ferdinand Céline
Louis-Ferdinand Céline

Céline au Danemark: En 1945, Louis-Ferdinand Céline s'exile au Danemark pour échapper à la justice française qui le réclame pour son attitude pendant l'Occupation et ses pamphlets antisémites.

C'est cette période de la vie de l'écrivain que David Alliot et François Marchetti ressuscitent dans Céline au Danemark, un album illustré notamment de documents et photos inédites issus de collections privées.

Photos de Céline avec ses chiens et son chat Bébert dans sa maison de Korsor, témoignages de Danois qui l'ont alors côtoyé, certificats médicaux... "Trouver de l'inédit au Danemark plus de 60 ans après les faits, c'est déjà de la traque archéologique; elle est remarquablement bien menée", écrit l'écrivain Claude Duneton qui préface l'ouvrage.

Céline au Danemark complète par le texte et l'image la bibliographie sur la vie de l'écrivain le plus contesté du XXe siècle et rappelle que ces années d'exil et de prison furent aussi celles durant lesquelles il acheva Guignol's band et écrivit Féerie pour une autre fois.

Céline à Bezons: Durant les quatre années de l'Occupation, Louis-Ferdinand Céline a exercé comme médecin-chef du dispensaire de Bezons, en banlieue parisienne, jusqu'à sa fuite en Allemagne en 1944. David Alliot et Daniel Renard reconstituent cette période peu connue de la vie de l'auteur du Voyage au bout de la nuit, dans Céline à Bezons, à l'aide de témoignages et de documents inédits.

Auteur de pamphlets violemment antisémites à la veille de la guerre, Céline n'est pas le bienvenu à Bezons, dont le maire communiste a été limogé par le régime de Vichy. Il y passera pourtant quatre années à tenter de soulager la population durement touchée par les privations.

La banlieue, déjà évoquée dans le Voyage, lui inspire un superbe texte toujours d'actualité: "Pauvre banlieue parisienne, paillasson devant la ville où chacun s'essuie les pieds, crache un bon coup, passe, qui songe à elle ? Personne. Abrutie d'usines, gavée d'épandages, dépecée, en loques..."

Céline à Meudon: En 1951, l'amnistie de Céline lui a permis de revenir en France avec sa femme, après six années d'exil au Danemark. Le couple s'installe à Meudon, au 25 ter route des Gardes. Lucette ouvre un cours de danse et Céline un cabinet médical. Céline, alors boycotté par le monde littéraire, revient peu à peu sur le devant de la scène. Dans ses romans comme dans ses interviews, il commence à forger sa légende d'écrivain maudit et se montre volontiers usé, misérable, et vivant presque dans un taudis. C'est ce personnage et ce décor habillement composés par l'écrivain que l'on retrouve à travers les reportages photographiques de Boris Lipnitzki, Luc Fournol, Jean Mounicq, Daniel Frasnay, Pierre Duverger, entre autres. Une part importante de ces portraits est restée inédite jusqu'à ce jour. Comme dans un film-documentaire, on découvre l'écrivain dans l'intimité, jusqu'à sa mort, en 1961. Un témoignage inédit nous éclaire également sur la personnalité de Céline dans cette période ultime de sa vie.

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• David Alliot et François Marchetti, Céline au Danemark, 1945-1951 (Éditions du Rocher).

• David Alliot et Daniel Renard, Céline à Bezons, 1940-1944 (Éditions du Rocher).

• David Alliot et François Gibault, Céline à Meudon: Images intimes, 1951-1961 (Éditions Ramsay).

Sur Céline, David Alliot a également publié L'affaire Louis-Ferdinand Céline: Les archives de l'ambassade de France à Copenhague (Éditions Horay, 2007), Céline en verve (Éditions Horay, 2004) et Céline, la légende du siècle (Éditions InFolio, 2006).