Jean-Michel Basquiat
Jean-Michel Basquiat

Mille toiles en moins de dix ans: la carrière de Jean-Michel Basquiat (1960-1988) mort à l'âge de vingt-sept ans des suites d'une overdose, fut aussi fulgurante que marquante pour l'histoire de l'art. Le musée d'Art moderne de Paris présente une centaine de tableaux, dessins et objets de cet artiste énigmatique.

Basquiat s'est initié à la peinture par le graffiti. C'était en 1977. Avec son camarade Al Diaz, ils couvrent les murs du Lower East Side de New York avec des phrases alambiquées ou poétiques, signées Samo — anagramme de SAMe Old Shit, "toujours la même merde". Deux ans plus tard, "Samo is dead" et Basquiat passe à la peinture. Comme il n'a pas les moyens de s'acheter des toiles, tous les supports (portes, fenêtres, réfrigérateurs) sont utilisés pour laisser son talent s'exprimer.

Vite remarqué par Annina Nosei, qui devient son principal marchand, sa cote ne cesse de grimper, passant de 200 dollars pour sa première vente en 1980, à 14,6 millions de dollars chez Sotheby's en 2007 pour Untitled, un autoportrait de 1981. En 1983, il rencontre Andy Warhol, avec qui il coréalise quinze toiles l'année suivante.

Ses toiles intriguent et fascinent. Qualifié de "post-graffitiste", "néoexpressionniste" ou encore de "néoprimitif", il se définissait comme un "écriveur de tableaux, de listes et de carnets de vocabulaire". Avec ses symboles, ses mots biffés, ses traits bruts, il invente son propre langage. Les toiles de Jean-Michel Basquiat restent souvent indécodables, mais elles révèlent ses principales sources d'inspiration. Celles-ci puisent dans le hip-hop, le jazz, ou dans ses racines haïtiennes et portoricaines. Elles regardent aussi du côté des mythes africains et des grands peintres classiques. La mort aussi, cavalier prémonitoire, rôde dans de nombreuses toiles.

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Exposition Basquiat, jusqu'au 30 janvier 2011 au Musée d'Art moderne, 11 avenue du Président- Wilson 75016 Paris.