Richard Brautigan
Richard Brautigan

Romancier et nouvelliste américain, Richard Brautigan est né le 30 janvier 1935 à Tacoma (Washington, Etats-Unis).

Il est toujours resté très discret sur les détails de son existence. On sait néanmoins qu'il a d'abord vécu en Californie dans les années '60, à l'époque où la "Contre-culture" et le mouvement hippie attiraient une bonne part de la jeunesse américaine. Il s'installa ensuite dans un ranch du Montana, à Paradise Valley, où s'était installée une communauté d'artistes, d'écrivains, de réalisateurs et d'acteurs de cinéma. Puis il retourna vivre en Californie, à Bolinas, effectua un voyage au Japon (évoqué dans Tokyo-Montana Express), un autre en Europe, et se suicida à Bolinas le 24 octobre 1984, à l'âge de quarante-neuf ans.

Richard Brautigan publia, non sans mal au début, une douzaine de courts romans ou recueils de nouvelles, dont Le Général sudiste de Big Sur (1964), La pêche à la truite en Amérique (1967), Sucre de pastèque (1968), La Revanche de la pelouse (1971), Le Monstre des Hawkline (1974), Willard et ses trophées de bowling (1974), Retombées de sombrero (1976), Un privé à Babylone (1977), et Tokyo-Montana Express (1980).

Les fictions de Richard Brautigan se présentent comme des parodies tendres et cocasses de genres établis: Un privé à Babylone pastiche le roman policier, au point que son héros parfaitement niais et dépourvu de toute épaisseur vivote dans une intrigue presque inexistante; dans Le Monstre des Hawkline, deux cow-boys de pacotille secourent une jeune fille désespérée par la disparition de son père et par les bruits étranges qu'elle entend dans le sous-sol de sa demeure: ici, dans son entreprise humoristique de démolition généralisée, c'est au western et au roman gothique que s'en prend Brautigan; Willard et ses trophées de bowling pastiche le roman érotique et l'enquête policière. Et avec Le Général sudiste de Big Sur, notre auteur détruit joyeusement tous les mythes ronflants de la geste militaire.

Par ailleurs, il n'y a pas de récit à proprement parler dans ces livres où il serait vain de chercher le moindre fil conducteur: l'anecdote, le détail, la digression, l'image souvent surréaliste débordent sans cesse un plan d'ensemble réduit au simple prétexte. De même, les personnages ne sont que le support falot de rôles conventionnels que Richard Brautigan se plaît à démonter comme un mécano. Le non-sens, le délire pudique, le clin d'oeil, le coq-à-l'âne, la caricature, la force des images caractérisent toutes ces fictions où la tendresse est sous-jacente.