Claude Monet
Claude Monet

Des lueurs de l'aube au crépuscule, Claude Monet (1840-1926) était amoureux de la lumière. Fasciné par la course du soleil et ses effets sur la nature, le peintre a passé sa vie à transposer les variations de couleurs et les multiples sensations qui en émanent.

Pour la première fois depuis trente ans, et après la vente record chez Christie's en 2008 (41,4 millions de dollars pour Le Pont du chemin de fer à Argenteuil), Claude Monet fait l'objet d'une importante rétrospective à Paris. Deux cents toiles réunies au Grand Palais retracent la carrière du fondateur de l'Impressionnisme.

À travers un parcours à la fois chronologique et thématique, l'exposition invite d'abord à un voyage en France. Fontainebleau, Rouen, Belle-Ile, Antibes, Bordighera... Claude Monet a beaucoup voyagé beaucoup pendant les premières années de sa carrière. À partir de 1865, il pose son chevalet en plein air et peint tout ce qui l'entoure. Des bords de mer aux avenues citadines, il reproduit des vues d'ensemble. Comme Turner un siècle avant lui, c'est le paysage qui caractérise son oeuvre. Ses toiles sont le reflet de ce qu'il voit, mais surtout de ce qu'il ressent, et la lumière y occupe une place prépondérante. Il tente aussi de représenter ce que l'on ne voit pas: le vent, le bruissement des feuilles, le froid de la neige ou le bruit d'un train entrant en gare.

Vers la fin des années 1880 Claude Monet est reconnu comme l'un des plus grands peintres de paysages en France. Cette notoriété lui permet de se consacrer à ce qui l'attire depuis toujours: les effets de la lumière sur la nature. Son champ de vision se resserre alors sur des scènes de vie plus intimes. Le sujet a de moins en moins d'importance, ce sont les effets de transparence de l'eau ou l'ombre des nuages qui l'obsèdent. À partir de 1890, le peintre commence des séries de tableaux sur des meules de foin qu'il peint parfois plus de quinze fois de suite. Suivront les peupliers (1891) et les cathédrales (1894). Il peint le même sujet au fil des saisons et à toutes les heures du jour.

Dans le prolongement de ses séries, Claude Monet se passionne ensuite pour les motifs répétitifs et en particulier pour les nymphéas de son étang à Giverny (Eure). Jusqu'à sa mort, trente ans plus tard, il va observer et représenter ces fleurs ornementales. Son obsession devient telle qu'il les représente sur d'immenses panneaux décoratifs au gré desquels les nymphéas vivent les quatre saisons. A la fin de sa vie, le peintre est presque aveugle et ces grands ensembles, aujourd'hui exposés au musée de l'Orangerie à Paris, n'auraient pu être achevés sans l'aide de Blanche, sa belle-fille. Monet en fit cadeau à la France, mais mourut avant leur installation à l'Orangerie, en 1927.

Travailleur acharné, Claude Monet a inventé une peinture nouvelle mais aussi une autre façon de regarder.

-------

Exposition Monet, jusqu'au 24 janvier 2011 aux Galeries nationales du Grand Palais, 3 avenue Général Eisenhower, entrée Champs-Elysées, 75008 Paris, Tél: 0144131717.