John Maxwell Coetzee
John Maxwell Coetzee

"Ce que je pense de lui en tant qu'écrivain ou en tant qu'être humain ?", répond du tac au tac une ancienne collègue de J. M. Coetzee au biographe de ce dernier. C'est sur cette dualité que se construit le dernier ouvrage du prix Nobel de littérature, L'été de la vie.

Publié en cette rentrée littéraire, il appartient au travail autobiographique entrepris par l'écrivain sud-africain en 1997, au même titre que Scènes de la vie d'un jeune garçon et Vers l'âge d'homme.

Dans ce troisième volet, l'auteur met en scène une enquête menée après sa mort (fictive) par Vincent, un universitaire britannique. Une série de vraies-fausses interviews de proches et de moins proches plonge le lecteur dans l'Afrique du Sud des années 1970. A cette époque, de retour des Etats-Unis, J. M. Coetzee s'établit comme professeur d'anglais dans un lycée du Cap et retourne vivre dans la maison familiale auprès d'un père veuf, résigné, un peu perdu, qu'il aide non pas par amour ou intérêt, mais par devoir filial.

L'auteur se profile comme un être morose, flétri avant l'âge, physiquement embarrassé, le coeur sec comme un champ de blé après l'été. Le lecteur découvre aussi un personnage idéaliste, rigoureux et sévère dans ses jugements — sur lui ou sur les autres --, à travers un portrait peu amène et plein d'ironie.

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J. M. Coetzee, L'été de la vie (Éditions du Seuil).