Rentrée littéraire
Rentrée littéraire

• Virginie Despentes, Apocalypse bébé (Éditions Grasset)

Alors qu'elle vient tout juste de terminer le tournage de l'adaptation cinématographique de son Bye Bye Blondie, Virginie Despentes revient en littérature avec un road book décapant: l'histoire de deux détectives privés sur les traces d'une ado fugueuse, des beaux quartiers parisiens jusqu'aux bars glauques de Barcelone. En plus d'être une critique acide de nos sociétés, Apocalypse bébé est aussi un thriller mené de main de maître.

• Amélie Nothomb, Une forme de vie (Éditions Albin Michel)

C'est devenu un rituel. La mi-août ne rime pas seulement avec retour de vacances. C'est aussi, depuis 1992, l'arrivée du roman d'Amélie Nothomb. Alors il est comment le nouveau Nothomb ? Un de plus, tout simplement ? Non, beaucoup s'accordent à dire que celui-ci est peut-être son meilleur depuis Stupeur et tremblements. Dans Une forme de vie, elle répond au courrier de ses lecteurs (comme elle le fait réellement), mais une lettre d'un soldat en Irak vient troubler son quotidien.

• Michel Houellebecq, La carte et le territoire (Éditions Flammarion)

Le plus connu de nos auteurs français à l'étranger, Michel Houellebecq, signe son grand retour en tant que romancier, cinq ans après La possibilité d'une île. Loin de la morosité ambiante et de la désespérance de ses précédents écrits, mais toujours avec la même vision du quotidien, l'auteur des Particules élémentaires signe avec La carte et le territoire un revigorant roman autour de l'art contemporain, où il se met lui-même en scène avec une belle autodérision. Après le prix de Flore, le prix Interallié et le prix Novembre, Michel Houellebecq saura-t-il s'accorder les faveurs du jury Goncourt ? la question taraude les commères patentées du "milieu" littéraire parisien (Pierre Assouline, Tahar ben Jelloun, etc).

• Jean d'Ormesson, C'est une chose étrange à la fin que le monde (Éditions Robert Laffont)

Le doyen de l'Académie française n'est pas du genre à se reposer sur ses lauriers. Inclassable, Jean d'Ormesson n'a que faire des genres et s'affranchit bien souvent des codes du roman ou de l'essai. Ici, il nous invite à une plongée au coeur des origines de la vie. D'où venons-nous ? Qu'est-ce que l'univers ? Quel est le sens de la vie ?, sont quelques-unes des questions abordées à travers les figures de mathématiciens et de philosophes. Toujours avec simplicité et gaieté.

• Philippe Claudel, L'Enquête (Éditions Stock)

Fidèle aux thèmes qui lui ont valu son succès, Philippe Claudel publie L'Enquête, l'histoire d'un homme chargé d'enquêter sur une mystérieuse vague de suicides dans une entreprise. Comme dans Les âmes grises ou La petite fille de Monsieur Linh, l'auteur est à l'écoute des pulsations de notre société. Le constat, lui, est bien amer.

• Claudie Gallay, L'amour est une île (Éditions Actes Sud)

Après le succès phénoménal et inattendu de son précédent roman, Les déferlantes (280.000 exemplaires vendus, sans compter l'édition de poche), Claudie Gallay signe chez Actes Sud L'amour est une île, une plongée au coeur du Festival d'Avignon durant la grève des intermittents de 2003. L'occasion pour l'écrivain de mettre en scène une passion enfouie entre un metteur en scène et une comédienne, et de se livrer à des réflexions sur l'écriture et le théâtre.

• Olivier Adam, Le Coeur régulier (Éditions de L'Olivier)

Loin de ses chères côtes de l'Atlantique, Olivier Adam nous emmène cette fois au pays du Soleil levant avec Sarah, sur les traces de son frère disparu. Malgré le sujet très sombre du roman (le suicide), Le coeur régulier est l'un des livres les plus lumineux de la rentrée et un sérieux prétendant au Goncourt.

• Marc Dugain, L'insomnie des étoiles (Éditions Gallimard)

L'auteur de La chambre des officiers et de La Malédiction d'Edgar, passionné par l'histoire moderne, prouve une fois de plus son attachement à cette période mouvementée avec L'insomnie des étoiles. Dans l'Allemagne de 1945, un officier français est intrigué par un cadavre calciné et une jeune fille esseulée retrouvés dans une ferme isolée. Habilement, la petite et la grande histoire se croisent au beau milieu d'une enquête palpitante.

Parmi les nombreux autres prétendants aux grands prix littéraires 2010, on parle aussi beaucoup de Laurent Gaudé (Ouragan, Actes Sud), Agnès Desarthe (Dans la nuit brune, L'Olivier), Blandine Le Callet (La Ballade de Lila K, Stock) et Philippe Forest (Le siècle des nuages, Gallimard).