Georges Darien
Georges Darien

Georges Darien — pseudonyme de Georges Adrien — est né le 6 avril 1862 à Paris. Ses parents étaient des commerçants de religion protestante. Sa mère disparaît alors qu'il est encore en bas âge et son père se remarie avec une catholique intransigeante.

Georges Darien fait ses études au lycée Charlemagne. En 1881, il devance l'appel. Il passe en Conseil de guerre pour insubordination en juin 1883 et est envoyé dans une compagnie disciplinaire en Tunisie. Ce qui lui fournira la matière de Biribi, discipline militaire, une fois rendu à la vie civile à Paris en 1886. Mais le livre ne paraîtra qu'en 1890 après Bas les coeurs (1889), roman satirique où il peint les conséquences des évènements de 1870-71 sur un milieu provincial petit-bourgeois. Biribi contribua à faire abolir par la Chambre des députés les bataillons disciplinaires.

Georges Darien publie en 1891 Les Pharisiens (les antisémites). Par la suite, il collabore à divers périodiques anarchistes ou libertaires comme Le Roquet et L'Endehors. Il fonde en 1893 L'Escarmouche qui disparaît un an plus tard. Il collabore à L'Ennemi du peuple. Une partie des textes qu'il a donnés alors seront rassemblés en 1972 dans un recueil intitulé L'Ennemi du peuple (Éditions Champ Libre).

Le Voleur paraît en 1897 (Louis Malle en donnera une adaptation cinématographique en 1967). Sans grand succès. Ce roman redécouvert en 1955 attira l'attention d'André Breton qui lui consacra un article où l'on peut lire que l'oeuvre de Darien en général "est le plus rigoureux assaut que je sache contre l'hypocrisie, l'imposture, la sottise, la lâcheté". Cependant, à l'époque même de la publication du Voleur, Alfred Jarry place ce livre dans la bibliothèque du Dr Faustroll.

Georges Darien écrit un pamphlet, La belle France, qui paraît en 1901. Puis il se consacre au théâtre. Il donne une pièce tirée de Biribi puis un grand mélodrame inspiré de l'affaire Steinhel.

En 1911, il fonde La Revue de l'Impôt unique qui n'eut qu'un an d'existence. Il se présente sans succès aux élections générales puis aux élections pour le Conseil municipal de Paris en 1912. En 1914 il collabore au Rappel. Il se marie en 1921, peu de temps avant de mourir, le 19 août 1921.

Cette vie comporte une part de mystère. Georges Darien fut-il le héros du Voleur ? Ses livres ne suffisant pas à le faire vivre, d'où tirait-il ses ressources ?