Michel Piccoli

"C'est une farce, une sorte de guignolerie !" dit lui-même Michel Piccoli de C'est pas tout à fait la vie dont j'avais rêvé, son troisième long métrage comme réalisateur après Alors Voilà (1997, avec Maurice Garrel, Dominique Blanc, Roland Amstutz, où il était déjà question de secret partagé, en l'occurrence entre un père et sa fille) et La Plage Noire (2001, avec Jerzy Radziwilowicz, Dominique Blanc et Jade Fortineau, adapté du roman de François Maspero, cette fois plus politique mais où il était aussi question d'un homme obligé à se cacher, et également de ses rapports avec sa fille).

Michel Piccoli s'exprime cette fois par le biais d'une fable comique distanciée où les plans fixes émouvront sans doute les nostalgiques d'un cinéma héritier du théâtre, et en l'occurence du théâtre de boulevard. Il y traite des vaudevillesques relations amoureuses d'un homme balançant entre sa femme et sa maîtresse, offrant des parties de scrabble "à la muette" à l'une et des fleurs chaque jour à l'autre grâce à ce qu'il vole à la première. L'homme agit avec la complicité de sa gouvernante qui suit ses efforts pour contenter les deux femmes et gérer les deux appartements qu'il occupe en secret, tel le personnage d'Ennemies d'Isaac Bashevis Singer s'épuisant dans un engrenage de mensonges absolument "nécessaires" à sa survie.

Exceptionnel monstre sacré du cinéma français, Michel Piccoli est né le 27 Décembre 1925 à Paris. Il a passé son enfance en pension, caché en quelque sorte parce qu'il était né un peu tard d'un violoniste et d'une pianiste qui l'avaient conçu après avoir perdu un premier enfant, d'où son caractère très tôt secret... ceci expliquant peut-être cela.