Michel Onfray
Michel Onfray

S'il y a une chose qu'on ne peut pas reprocher à Michel Onfray, le philosophe déboulonneur d'idoles, c'est de se cacher derrière les mots. Le titre de son nouvel ouvrage, Le crépuscule d'une idole, l'affabulation freudienne, annonce d'emblée la couleur.

Dans cette somme de 600 pages, Michel Onfray, qui explique avoir découvert le père de la psychanalyse très jeune, puis l'avoir mis de côté après avoir été séduit pas ses écrits, extrait de l'oeuvre de Freud et de sa correspondance des fragments polémiques. Fidèle à son credo de psycho-biographe, pour lequel la vie d'un auteur explique en grande partie ses écrits et théories, il ne manque pas de pointer les contradictions entre la volonté de Freud de faire de la psychanalyse une science, et sa valeur uniquement autobiographique, où Freud apparaît comme misogyne, homophobe et pervers sexuel, en instaurant un complexe d'oedipe qui concernerait surtout le médecin viennois.

L'auteur n'hésite pas à ajouter au tableau, preuves à l'appui, la complaisance de Freud envers le fascisme. Des accusations qui n'ont pas manqué de soulever un tollé, voire une réaction hystérique, chez les praticiens et défenseurs du freudisme. Les uns relevant que rien de nouveau n'était avancé, les autres reprochant trop d'erreurs et de rumeurs. A moins d'avoir lu soi-même l'intégralité de l'oeuvre de Freud et une bonne partie de la littérature freudienne, il faudra au lecteur s'en remettre aux débats qui, en ce moment, secouent le landernau de la psychanalyse, ou se fier à son intime conviction pro ou anti-freudienne.

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Michel Onfray, Le crépuscule d'une idole, l'affabulation freudienne (Éditions Grasset).