Didier van Cauwelaert
Didier van Cauwelaert

Didier van Cauwelaert serait-il hyperactif ? En attendant la sortie sur les écrans de l'adaptation d'un de ses romans (Hors de moi, Albin Michel, 2003) et une nouvelle pièce de théâtre (Le rattachement, montée à Nice du 12 au 20 juin prochain), l'écrivain publie Les témoins de la mariée, comédie amère qui parle d'amitié, d'amour et d'impérialisme chinois.

Marc, photographe célèbre et célibataire invétéré, annonce à ses meilleurs amis son prochain mariage avec la jeune Yun-Xiang, reproductrice de tableaux dans un atelier de Shanghai. Le lendemain, il meurt dans un accident de voiture. Que dire à la future veuve ? Qui est-elle réellement ? C'est ce que va découvrir cette bande d'amis. L'occasion pour Didier van Cauwelaert de jouer sur le thème de la manipulation à travers quelques savoureux rebondissements.

Après Thomas Drimm (2009), vous changez complètement de registre. Comment est né ce nouveau roman ?

Didier van Cauwelaert: C'était il y a dix ans. J'ai connu un peu la même situation que mes héros: un futur marié mort juste avant la noce. Ce n'était qu'un point de départ au roman. L'idée a mûri, jusqu'à ce que j'échange quelques lettres avec une lectrice chinoise. J'ai été frappé par sa rapidité d'assimilation du français. Puis, j'ai vu un reportage sur les ateliers de reproduction d'oeuvres d'art à Shanghaï. Je tenais mon "héroïne". Enfin, j'avais envie d'écrire sur l'amitié de groupe et l'amitié amoureuse. Sans tomber dans le nombrilisme, c'est quelque chose sur lequel j'avais, à titre personnel, envie de revenir.

Ce roman cache aussi un regard critique sur notre société...

Didier van Cauwelaert: Je pense en effet que l'on peut faire des choses détestables en pensant à bien, et l'on peut trouver son intérêt en rendant les gens heureux. Le personnage de la jeune Chinoise est un peu une allégorie d'une certaine jeunesse chinoise: une sorte de petite fourmi du bonheur chez les cigales désenchantées. D'ailleurs, c'est quelque chose que l'on a du mal à comprendre en Occident. En Chine, il est essentiel de redistribuer l'énergie acquise. Ici, on pourrait comparer cela à un feng shui des sentiments.

Vous alliez succès critique et public. Votre secret ?

Didier van Cauwelaert: Un auteur a besoin de se nourrir de la souffrance des autres. J'essaie en tout cas de ne pas trop me regarder et de ne pas juger. Il faut s'éloigner de l'image qu'on a de soi, comme lorsqu'on aborde un rôle au théâtre. D'ailleurs, le thème du dédoublement est très présent dans mes livres !

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Didier van Cauwelaert, Les témoins de la mariée (Éditions Albin Michel).