Centre Pompidou Metz
Centre Pompidou Metz

Première expérience de décentralisation culturelle organisée par un établissement national, le Centre Pompidou-Metz sera inauguré le 11 mai prochain par Nicolas Sarkozy et ouvrira officiellement ses portes au public dès le lendemain.

Ce nouveau lieu dédié à l'art, dont le projet s'est notamment inspiré du musée Guggenheim de New York à Bilbao (Espagne), est une antenne du Musée National d'Art Moderne (MNAM) du Centre Pompidou de Paris. Sans fonds artistique propre, sa mission est d'offrir des expositions thématiques temporaires dont le contenu sera puisé dans les collections du MNAM. Ces dernières comptent en effet près de 65.000 oeuvres d'art moderne et contemporain (peinture, sculpture, cinéma, photographie, architecture, design et nouveaux médias notamment) mais moins de 1.500 seulement peuvent être exposées dans le musée de la place Beaubourg à Paris.

Situé avec le Palais des congrès sur la cinquantaine d'hectares du nouveau quartier d'affaires et de commerces de l'Amphithéâtre — proche à la fois du centre-ville de Metz (230.000 habitants) et de la gare TGV — le Centre Pompidou-Metz entend s'adresser d'abord au public de la vaste zone rhénane Est-Européenne allant de la Belgique à l'Allemagne en passant par le Luxembourg et tout le quart Nord-Est de la France.

Le très novateur et séduisant bâtiment de 10.600 m2 est conçu par deux architectes, le japonais Shigeru Ban et le français Jean de Gastines, associé à Luc Arsène-Henry. Son toit ressemble à un grand chapeau chinois dont la charpente en bois blond abrite trois galeries modulables, soit environ 5.000 m2 de surface d'exposition, dont une nef de 1.000 m2 sur 15 m de hauteur. Posé sur quatre solides piliers en béton, doté de vastes baies vitrées en façade, surmonté d'une grande antenne culminant à 77 mètres, à la fois puissant et léger, aux tons lumineux blanc et gris perle, l'édifice est entouré d'un parvis et d'un jardin paysager. Les architectes ont voulu, disent-ils, "traduire l'ouverture, le brassage des cultures et le bien-être, dans une relation immédiate et sensorielle avec l'environnement". Le bâtiment abrite aussi un vaste forum, une salle de conférences, une salle de cinéma, un studio de création consacré au spectacle vivant, une librairie, un restaurant avec terrasse et des ateliers pédagogiques.

La Communauté d'Agglomération de Metz Métropole (CA2M) qui regroupe 38 communes, la région Lorraine et le département de la Moselle ont financé la plus grande partie du bâtiment dont la construction, étalée sur quatre ans, a coûté environ 86 millions d'euros. Les collectivités locales assument également 90% du budget de fonctionnement du CPM, évalué lui à environ 10 millions d'euros par an.

Si tout va bien, les responsables du projet — entre autres Jean-Jacques Aillagon (d'origine messine, longtemps président du Centre Pompidou puis ministre de la Culture de 2002 à 2004), Renaud Donnedieu de Vabres (ex-ministre de la Culture et de la Communication qui a posé en 2006 la première pierre du Centre Pompidou de Metz), Jean-Marie Rausch (Président de la CA2M et Maire divers droite de Metz de 1971 à 2008), Laurent Le Bon (Conservateur nommé directeur du CPM), et Bruno Racine, ex-Président du Centre Pompidou de Paris — espèrent attirer jusqu'à 250.000 visiteurs par an, dont 40% pourraient venir d'Allemagne.

Conçue par Laurent Le Bon, l'exposition inaugurale du Centre Pompidou-Metz, intitulée Chef d'oeuvre ?, sera ouverte gratuitement au public pendant cinq jours et présentera sur 5.000 mètres carrés quelque 780 pièces d'artistes du XXe siècle, dont entre autres des oeuvres de Matisse, Picasso, Braque, Kandinsky, Miro, Chirico, Giacometti, Léger, Dali, Warhol, Brancusi, Calder, Klein ou encore Chagall. Animations, conférences, spectacles, projections de films et concerts rythmeront également les cinq journées de portes ouvertes, avec en point d'orgue samedi 15 mai la 6e édition de la Nuit des Musées.