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La République des Lettres

Rainer Maria Rilke

Rainer Maria Rilke
Lettres à un jeune poète

La République des Lettres
ISBN 978-2-8249-0207-4
Livre numérique (format ePub)
Prix : 5 euros
Disponible chez • FnacAmazonKoboiTunes

François Mitterrand

François Mitterrand

21e président de la République française, François Mitterrand -- François Maurice Adrien Marie Mitterrand pour l'état civil -- est né le 26 octobre 1916 à Jarnac (Charente). Son père est un ingénieur de la Compagnie des Chemins de fer devenu fabricant de vinaigre, sa mère est issue d'une famille de négociants en cognac. Il est élevé dans ce milieu de bourgeoisie provinciale, traditionaliste et catholique, avec ses trois frères: Robert, Jacques, Philippe, et quatre soeurs: Antoinette, Marie-Josèphe, Colette et Geneviève.

Il passe sa scolarité à l'école communale de Jarnac puis au Lycée Saint-Paul d'Angoulême. À dix-sept ans, il adhère au mouvement de la Jeunesse Étudiante Catholique (JEC). En 1934, après son baccalauréat, il monte à Paris pour suivre des études de droit. Déjà passionné par la politique, il s'inscrit parallèlement à l'École libre des sciences politiques et milite activement au sein d'un mouvement de droite nationaliste, les Volontaires Nationaux, rattaché aux Croix-de-feu du Colonel de La Rocque. Il collabore aussi comme critique littéraire et rédacteur politique à La Revue Montalembert et à L'Écho de Paris.

En septembre 1937, François Mitterrand est incorporé pour son service militaire dans le 23e régiment d'infanterie coloniale, où il rencontre notamment celui qui deviendra l'un de ses plus fidèles amis, Georges Dayan. À l'automne 1939, alors qu'il achève ses études d'avocat à Paris, il est mobilisé et envoyé sur la ligne Maginot. Il se fiance en mai 1940 avec une certaine Marie-Louise Terrasse, qui deviendra plus tard la célèbre présentrice de télévision Catherine Langeais (celle-ci rompra les fiançailles deux ans plus tard, en 1942).

En juin 1940, il est blessé et fait prisonnier par les Allemands. Il passe dix-huit mois dans des stalags avant de s'évader et de regagner la France. En 1942, bien que recherché par les Allemands, il occupe un emploi d'attaché de presse pour le Commissariat aux prisonniers de guerre du gouvernement de Vichy. Il y rencontre le Maréchal Pétain qui le décore au printemps 1943 de l'Ordre de la Francisque. Il démissionne la même année et s'engage dans la Résistance sous le pseudonyme de Morland après avoir cofondé avec Maurice Pinot le Rassemblement National des Prisonniers de Guerre, soutenu par Henri Frenay. Il passe dans la clandestinité et se rend bientôt à Londres et à Alger où il rencontre le général de Gaulle, le général Giraud et Pierre Mendès France. En 1944, il prend la tête du Mouvement National des Prisonniers de Guerre et Déportés qui regroupe les réseaux de résistance d'anciens prisonniers. Il participe en août à la Libération de Paris avant d'être nommé à l'automne Secrétaire général des prisonniers et des victimes de guerre.

Le 28 octobre 1944, François Mitterrand épouse Danielle Gouze, une jeune résistante bourguignonne âgée de vingt ans, rencontrée pendant la guerre. Elle lui donnera trois enfants: Pascal, né en 1945 (décédé à l'âge de deux mois et demi), Jean-Christophe, né en 1946, et Gilbert, né en 1949. Danielle Mitterrand est aujourd'hui Présidente de la Fondation France Libertés, qu'elle a fondée en 1986.

Au printemps 1945, François Mitterrand fait partie de la délégation française envoyée par le général de Gaulle aux côtés des Américains pour libérer officiellement les camps de concentration nazis. A Dachau, il retrouvera notamment l'époux de son amie Marguerite Duras, Robert Antelme, ancien membre de son réseau de Résistance et futur auteur de L'Espèce humaine. De retour à Paris, il occupe brièvement un poste de PDG des Éditions du Rond-Point, propriété du groupe L'Oréal fondé par l'ancien collaborateur et membre de La Cagoule Eugène Schueller.

En février 1946, François Mitterrand adhère à l'Union Démocratique et Socialiste de la Résistance (UDSR, qu'il présidera ensuite de 1953 à 1965). Quelques mois plus tard, il est élu député centriste de la Nièvre. L'année suivante, âgé de trente et un ans, il accède au fauteuil de Secrétaire d'Etat des Anciens Combattants dans le gouvernement du socialiste Paul Ramadier. En 1949, il est élu conseiller général du Canton de Montsauche-les-Settons (il y sera régulièrement réélu jusqu'en 1973). Il occupe ensuite successivement plusieurs hauts postes gouvernementaux: ministre de la France d'Outre-Mer en 1950-51, ministre d'Etat en 1952 dans le gouvernement d'Edgar Faure, ministre délégué au tout nouveau Conseil de l'Europe en 1953, ministre de l'Intérieur en 1953-54 sous Pierre Mendès-France, ministre de la Justice en 1956-57 sous Guy Mollet.

Après s'être farouchement opposé à l'indépendance de l'Algérie, il devient partisan d'un effort de développement et d'autonomie des Colonies françaises et aide Pierre Mendès-France à négocier l'indépendance de la Tunisie et du Maroc. Critique contre la répression militaire et l'emploi de la torture par l'armée française pendant la Guerre d'Algérie, il n'en reste pas moins au gouvernement avec son portefeuille de Garde des Sceaux.

François Mitterrand est battu aux Législatives de la Nièvre en 1958, mais élu maire de Château-Chinon (il le restera jusqu'à son accession à la Présidence de la République), puis sénateur du département en 1959 (année où il fût victime du controversé "Attentat de l'Observatoire" qu'il aurait selon ses ennemis commandité lui-même pour séduire l'opinion), puis réélu député en 1962. Inscrit sur les bancs du Parlement au groupe de la Gauche démocratique, il condamne désormais en bloc le Gaullisme et publie en 1964 un violent pamphlet intitulé Le Coup d'Etat permanent.

La même année, il prend la tête du Conseil général de la Nièvre et fonde un petit parti politique de centre gauche, la Convention des Institutions Républicaines (CIR), qui lui permet de se présenter comme unique candidat de la gauche aux élections présidentielles de 1965. Il parvient à mettre Charles de Gaulle en ballotage et obtient 45,51 % des suffrages au second tour.

La Fédération de la Gauche Démocrate et Socialiste (FGDS) qu'il préside ne survit pas aux remous de Mai 1968, pendant lequel il annonce qu'il est candidat à la présidence de la République au cas où une élection anticipée aurait lieu. Mais les élections législatives de juin voient l'arrivée d'un raz-de-marée gaulliste à l'Assemblée nationale. Il parvient à sauver son siège de député mais la SFIO (Section Française de l'Internationale Ouvrière) de Guy Mollet l'écarte des élections présidentielles de 1969.

En 1971, il prend par surprise la tête du nouveau Parti Socialiste (ex-SFIO) au Congrès d'Epinay. Artisan de l'unité de la gauche, il signe en 1972 un Programme commun de gouvernement avec le Parti Communiste Français (PCF) de Georges Marchais et le Mouvement des Radicaux de Gauche (MRG) de Robert Fabre.

En 1974, lors des élections présidentielles qui suivent la mort de Georges Pompidou, il est le candidat de la gauche unie mais est battu par Valéry Giscard d'Estaing. Son score de 49,2 % des voix au second tour reste cependant très honorable. Lors des élections locales des années suivantes, le Parti Socialiste mitterrandien grignote petit à petit les voix du Parti Communiste qui s'en inquiète et menace l'union de la gauche. Malgré la montée de la "deuxième gauche" réunie autour de Michel Rocard, il est désigné candidat du PS et adopte un programme anticapitaliste composé de "110 propositions pour la France". François Mitterrand est élu Président de la République le 10 mai 1981, avec 51,76% des voix contre 48,24% pour Valéry Giscard d'Estaing.

Il nomme Pierre Mauroy Premier ministre. Celui formera avec lui trois gouvernements successifs où apparaitront entre autres Gaston Defferre, Jean-Pierre Chevènement, Michel Rocard, Jacques Delors, Pierre Joxe, Jack Lang, Robert Badinter, et quatre ministres communistes. Les législatives de juin lui donnent la majorité absolue au Parlement et une série de réformes est lancée: nationalisations, abolition de la peine de mort, augmentation de 10% du SMIC, semaine de 39 heures, cinquième semaine de congés payés, retraite à soixante ans, décentralisation, création de l'Impôt sur les grandes fortunes (futur ISF, Impôt de Solidarité sur la Fortune), indépendance de l'audiovisuel, etc. Mais les réalités économiques font que la rigueur remplace bientôt la relance par la consommation. Un jeune Premier ministre, Laurent Fabius, est nommé en 1984. Le passif accumulé entraîne cependant un échec aux législatives de 1986 et une cohabitation -- inédite sous la Ve République -- avec un gouvernement de droite dirigé par Jacques Chirac.

François Mitterrand apparaît alors comme un recours contre les orientations néo-libérales du gouvernement. Bien que se sachant atteint d'un cancer de la prostate, il se présente pour un second mandat aux présidentielles de 1988. Il bat Jacques Chirac avec 54% des voix.

Son second septennat, où officient plusieurs premier ministres (Michel Rocard, Pierre Bérégovoy, Édith Cresson, première femme nommée à Matignon) est marqué par quelques nouvelles réformes comme l'instauration du RMI et de la CSG et de nouvelles lois sur l'éducation, l'immigration ou l'aménagement du territoire. Mais il est aussi entâché par plusieurs scandales (affaire Péchiney, Affaire VA-OM impliquant le ministre de la ville Bernard Tapie, Affaire du sang contaminé impliquant Laurent Fabius, révélation de l'existence de sa fille adultérine Mazarine Pingeot née en 1974, polémique sur son activité sous le régime de Vichy, écoutes téléphoniques par une cellule de gendarmerie spéciale de l'Elysée, etc) et par une crise sociale dûe en partie à une forte poussée du chômage.

Les législatives de 1993 sont perdues et entraînent une nouvelle cohabition avec la droite, cette fois avec Edouard Balladur. Deux ans plus tard, François Mitterrand termine son mandat dans la maladie. Jacques Chirac, élu Président de la République le 7 mai 1995, le remplace à l'Elysée. Il effectue un dernier voyage en Egypte pour Noël 1995 et décède à Paris une semaine plus tard, le 8 janvier 1996, à l'âge de 80 ans. Il repose aujourd'hui dans le caveau familial du cimetière de Jarnac.

François Mitterrand est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages politiques. Parmi les plus importants, citons notamment Aux frontières de l'Union française (1954), Le Coup d'État permanent (1964), Un Socialisme du possible (1971), La Paille et le grain (1975) et L'Abeille et l'Architecte (1978).