Recep Tayyip Erdogan
Recep Tayyip Erdogan

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan est à Paris pour une visite officielle de deux jours. Avant de clore la Saison de la Turquie en France ce soir au Château de Versailles et de prononcer un discours devant la communauté turque française conviée demain au Zénith de Paris, il doit rencontrer Nicolas Sarkozy et François Fillon pour parler entre autres du "renforcement des liens bilatéraux entre les deux pays", selon le Quai d'Orsay qui précise que la France reste le deuxième investisseur étranger en Turquie.

La visite se veut sans polémique mais plusieurs sujets qui fâchent seront cependant au menu. Parmi ces derniers, Recep Tayyip Erdogan va surtout tenter d'infléchir la position de Nicolas Sarkozy sur l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne. Prétextant des raisons économiques et surfant sur le climat croissant d'islamophobie qui gagne les capitales européennes, Nicolas Sarkozy ne cesse en effet de répèter que "la Turquie n'a pas vocation à entrer dans l'Europe". Il propose un statut de "partenaire privilégié" à la Turquie plutôt qu'une adhésion pleine et entière à l'Union Européenne. Mais pour le Premier ministre turc non seulement "la Turquie ne sera pas une charge pour l'Europe, mais elle contribuera à la soulager". Il invite pour cela le président français à visiter son pays: "Je vais lui dire que nous l'attendons très prochainement en Turquie. Il faut qu'il se rende sur place pour constater que la Turquie devance de nombreux pays européens dans plusieurs domaines". Dans le même entretien publié aujourd'hui dans Le Figaro, il rappelle en outre que Jacques Chirac était lui favorable à l'adhésion de la Turquie et que la chancelière allemande Angela Merkel, malgré un avis quelque peu sceptique, a quant à elle pris la peine de se rendre deux fois à Ankara depuis 2006.

Autre question au menu de la rencontre, celle du nucléaire iranien, devenu en matière de politique étrangère de la France quasiment le seul et unique cheval de bataille du très pro-israélien Nicolas Sarkozy. Recep Tayyip Erdogan estime pour sa part que "L'affaire du nucléaire iranien doit être résolue par la voie diplomatique". Tout en rappelant que "des sanctions contre l'Iran ont déjà été décidées à deux reprises" et que "ceux [Français, Allemands, Anglais, Américains et Chinois] qui ont pris la décision de les appliquer ont été les premiers à les violer", il affirme que de nouvelles sanctions n'aboutiront à aucun résultat. Sur le même sujet, il fait par ailleurs allusion à Israël, un pays de la région qui s'est déjà doté en secret et en toute illégalité de l'arme nucléaire. "Je ne vois pas pourquoi personne ne s'attarde sur ce cas. Cette approche n'est pas équitable", estime-t-il encore en ajoutant que la Turquie, qui entretient de bonnes relations avec Téhéran, est disponible pour jouer un rôle de médiateur.