Pierre Joseph Proudhon
Pierre Joseph Proudhon

Pierre Joseph Proudhon voit le jour le 15 janvier 1809 à Besançon (Doubs). Né dans une famille d'artisans modestes — son père est tonnelier puis garçon brasseur — il obtient une bourse et fait de brillantes études au Collège royal de sa ville avant d'être contraint à les abandonner à la suite de la faillite paternelle, en 1828.

D'abord ouvrier typographe, il devient correcteur et complète ainsi en autodidacte les rudiments de sa culture lycéenne en découvrant de nouveaux auteurs comme, entre autres, le philosophe utopiste Charles Fourier. Après la ruine de la petite imprimerie qu'il avait racheté en 1836, Pierre Joseph Proudhon s'installe à Paris avec la volonté de passer son baccalauréat. Renonçant aussitôt, il se consacre entièrement à la lecture, à l'écriture et à la fréquentation de cercles intellectuels socialistes où il rencontre entre autres Karl Marx et Mikhaïl Bakounine.

En 1839, il publie son premier ouvrage, De la célébration du dimanche. L'année suivante, il devient célèbre en présentant à l'Académie de Besançon un mémoire intitulé Qu'est-ce que la propriété ? ou Recherches sur le principe du droit et du gouvernement, qui contient la fameuse formule: "La propriété, c'est le vol". En fait, il ne condamne ni l'appropriation ni son résultat, mais s'oppose au "droit d'aubaine", c'est-à-dire aux divers revenus tirés de la propriété sans travail du bénéficiaire.

Poursuivi pour ses écrits, Proudhon est acquitté mais doit souvent changer d'activités et de domicile. Il devient notamment gérant d'une entreprise de bateaux fondée à Lyon par d'anciens camarades de lycée. Il publie deux livres importants: La création de l'ordre, en 1843, et les Contradictions économiques, ou Philosophie de la misère, en 1846, dans lesquels il précise sa dialectique et sa critique du système capitaliste.

En 1847, Proudhon s'installe définitivement à Paris et fonde un journal quotidien, Le Peuple. Aux élections de juin 1848, il est élu député, représentant de l'extrême-gauche issue de la Révolution de février qui a mis à bas la monarchie et proclamé la République. En 1849, après l'échec de sa "Banque du Peuple", il est condamné à la suite d'articles violemment hostiles à Louis-Napoléon Bonaparte. Il écrit en prison Les Confessions d'un révolutionnaire et Idée générale de la révolution, dans lesquels il développe ses théories contre l'Etat.

Libéré en 1852, il est de nouveau emprisonné en 1858 après la publication d'un livre contre la religion, De la justice dans la Révolution et dans l'Eglise. Exilé en Belgique, il est amnistié en 1862 et regagne Paris. Miné par la maladie et par des malheurs familiaux, mais plus que jamais influencé, de son aveu même, par "la Bible, Adam Smith et Friedrich Hegel", il écrit quelque essais fondamentaux comme La Guerre et la Paix, Du principe fédératif et Capacité politiques des classes ouvrières, où il développe sa critique du Communisme, de la propriété collective et de l'Etat tout en élaborant les bases théoriques du Mutualisme et du Fédéralisme. Ces derniers ouvrages écrits avant sa mort, survenue à Paris le 19 janvier 1865, exerceront une influence majeure sur les futurs théoriciens des mouvements syndicalistes et autogestionaires et, d'une façon générale, sur tout le mouvement anarchiste et libertaire.

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Pierre Joseph Proudhon, Oeuvres complètes (Éditions Nabu Press).