Christine Albanel
Christine Albanel

Fille du Dr. Jean-Claude Albanel, Christine Marie Albanel est née le 25 juin 1955 à Toulouse (Haute-Garonne).

Elle passe son enfance à Toulouse, où elle suit sa scolarité au Cours catholique Saint-Thomas d'Aquin et au lycée Saint-Sernin. Elle entame ensuite des études à la Sorbonne (Paris) d'où elle est sort à 22 ans, Agrégation de Lettres modernes en poche. En 1978, elle devient professeur de français au lycée technique Saint-Lambert de Paris.

L'année suivante, pistonnée par son cousin Jean-Bernard Mérimée qui est alors Chef du protocole à l'Elysée, elle devient l'Attachée de presse de la première dame de France, Anne-Aymone Giscard d'Estaing. En 1981, après l'arrivée de François Mitterrand au pouvoir, Christine Albanel trouve un emploi de prof de français au lycée de Luzarches (Val d'Oise). En 1982, elle rejoint le Maire de Paris, Jacques Chirac, dont elle deviendra au cours des années suivantes l'une des principales collaboratrices, écrivant notamment ses discours officiels (c'est elle qui rédige entre autres son discours du Vel' d'Hiv sur la déportation des Juifs et l'hommage rendu à François Mitterrand après sa mort). D'abord nommée nommée Chargée de mission auprès du directeur de l'information et de la communication de la Mairie de Paris (1982-86), elle est ensuite Chargée de mission au cabinet du Premier Ministre (1986-88), Directrice adjoint du cabinet du Maire de Paris (1988-95 - autour de Maurice Ulrich, elle fait notamment partie de l'équipe de campagne chiraquienne pour l'élection présidentielle de 1995), Conseiller technique (1995-97) et enfin Conseiller pour l'Éducation et la Culture (1997-2000) auprès du Président de la République. En 2000, elle est nommée Conseiller d'Etat.

Christine Albanel est parallèlement élue Conseiller régional d'Ile-de-France sous les étiquettes RPR puis UMP (1986-1992 et 1998-2004), Secrétaire nationale auprès du délégué général à l'éducation, à la formation et à la culture du RPR (1992-1995) et Secrétaire nationale de l'UMP chargée d'animer le groupe de réflexion sur l'évolution des programmes scolaires (2003). En 2003, elle est nommée Présidente de l'Etablissement public du Château de Versailles (Musée et domaine national), que ses détracteurs l'accusent d'avoir transformé en "Disneyland" vendu aux sponsors privés.

Chevalier de la Légion d'honneur, ex-administratrice de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, membre du Conseil scientifique de la Fondation pour l'innovation politique et membre du Conseil d'analyse de la société, Christine Albanel est nommée Ministre de la Culture et de la Communication lors de l'arrivée de Nicolas Sarkozy à l'élysée, en mai 2007. Un temps également Porte-parole du premier gouvernement de François Fillon, elle cède toutefois rapidement ce poste à Laurent Wauquiez, jugé meilleur communiquant.

Au Ministère de la Culture, où elle remplace le peu regretté Renaud Donnedieu de Vabres qui laisse un espace dévasté après plusieurs tentatives de réformes ratées et un dialogue de sourds avec les créateurs, elle s'attaque à plusieurs dossiers chauds du monde de la culture et des industries culturelles, notamment ceux du Numérique et du Droit d'auteur (Loi DADVSI), des Intermittents du spectacle et de l'Enseignement artistique. Elle conduit à son corps défendant les très sarkozystes réformes de l'audiovisuel public (supression de la publicité sur les chaînes publiques) et de l'audiovisuel extérieur (fusion RFI / France 24 / TV5Monde). En 2008, elle présente devant le Parlement la loi "Création et Internet", élaborée par la commission Denis Olivennes, qui prévoit notamment la mise en place d'une très controversée Hadopi (Haute Autorité pour la Diffusion des Oeuvres et la Protection des Droits sur Internet) chargée de sanctionner sous forme de "riposte graduée" les internautes piratant des oeuvres protégées sur internet. Elle réorganise aussi la rue de Valois autour d'un Secrétariat général et trois Directions générales (patrimoine, création artistique et industries culturelles).

Parallèlement, Christine Albanel se présente aux élections municipales de mars 2008 sur une liste UMP du 4e arrondissement de Paris. Elle est élue conseillère municipale d'opposition mais démissionne peu de temps après. Début 2009, à la suite des "Entretiens de Valois", elle est chargée d'installer un Conseil de la Création Artistique présidé par le producteur-distributeur de cinéma Marin Karmitz (société MK2). Finalement, en juin 2009, juste avant le passage devant le Parlement du deuxième volet de la loi Hadopi, conçu après la censure partielle du premier texte de loi formulée par le Conseil constitutionnel, elle est débarquée du gouvernement Fillon II, remplacée à son poste de Ministre de la Culture par Frédéric Mitterrand. Selon la plupart des observateurs, ses "grands travaux" controversés ont tous plus ou moins été initiés et pilotés en sous-main par Georges-Marc Benamou, ex-conseiller spécial de Nicolas Sarkozy et véritable "ministre bis".

Un temps pressentie pour succéder à Bruno Racine, qui doit quitter au printemps 2010 la présidence de la Bibliothèque Nationale de France (BNF), Stéphane Richard, tout nouveau Directeur général du groupe France Télécom, confirme finalement une autre rumeur: Christine Albanel intègre France Telecom avec le titre de Directrice exécutive. En charge de la communication interne et externe, du mécénat et de la "stratégie des contenus", elle doit prendre officiellement ses fonctions à partir du 1er avril 2010. C'est également à cette date qu'elle doit remettre au Premier ministre François Fillon son rapport sur le passage de l'industrie du livre au numérique (numérisation, lutte contre le piratage dans l'édition, etc).

Divorcée de Philippe Guilhot de Lagarde avec qui elle a eu un enfant (Antoine Valroff), Christine Albanel est aussi une passionnée de théâtre. Elle est l'auteur de plusieurs pièces jouées entre autres à la Comédie de Paris, à l'Essaïon et au Petit Odéon: La Maison Ambuse (1981), Les Palhasses (1983), Hôtel Sawat et de la plage (1984), Barrio chino (1987). Elle a également publié un roman, Une mère insensée (1994) et signé les préfaces de plusieurs ouvrages collectifs, entre autres sur Les Jardins de Versailles (2005), Les Icônes (2007), Le Rugby (2007) ou encore François-Xavier Fabre (2008).