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La République des Lettres

Rainer Maria Rilke

Rainer Maria Rilke
Lettres à un jeune poète

La République des Lettres
ISBN 978-2-8249-0207-4
Livre numérique (format ePub)
Prix : 5 euros
Disponible chez • FnacAmazonKoboiTunes

Ségolène Royal

Ségolène Royal

Donnée gagnante dans tous les sondages, Ségolène Royal, présidente socialiste sortante de Poitou-Charentes, reste la grande favorite dans sa région pour le scrutin des 14 et 21 mars prochain.

La dernière enquête d'opinion, réalisée fin février par l'Ifop pour le quotidien Sud-Ouest, la voit même accroître son avance face à son adversaire UMP, le secrétaire d'Etat aux Transports et président du Conseil général de Charente-Maritime Dominique Bussereau. 35% des personnes interrogées voteraient en effet pour la liste de Ségolène Royal au premier tour des élections régionales, soit deux points de plus que dans un sondage réalisé début février, alors que Dominique Bussereau reste stagnant à 29% d'intentions de vote. Suivent la liste Europe Écologie conduite au niveau régional par Françoise Coutant (12,5%), le Front National (8%) de Jean-Marc de Lacoste-Lareymondie et le Modem de Pascal Monier (6%). Les autres listes de gauche et d'extrême-gauche (Front de Gauche de Gisèle Jean, Nouveau Parti Anticapitaliste / Alternatifs de Myriam Rossignol et Lutte Ouvrière de Ludovic Gaillard) cumulent pour leur part 9,5% des intentions de vote. Au final, pour le second tour, la candidate du Parti Socialiste semble disposer d'une nette réserve de voix puisque 56% des sondés se prononcent en sa faveur contre 44% pour Dominique Bussereau.

À noter toutefois que cette enquête d'opinion a été réalisée juste avant le grand meeting régional d'Europe Écologie où plusieurs leaders du mouvement, tels entre autres Cécile Duflot et Noël Mamère, ont mis la pression sur le PS en évoquant l'idée qu'Europe Écologie pourrait se maintenir au second tour. Une telle hypothèse pourrait évidemment changer la donne, mais il est peu probable que la menace soit mise à exécution. Malgré les critiques de ses adversaires, les réalisations de Ségolène Royal sont en effet réelles en matière de protection de l'emploi, de politique environnementale ou encore de démocratie participative. Elle a de plus joué l'ouverture en faisant figurer sur sa liste pas moins de trois Verts (aussitôt exclus du parti écologiste), quatre radicaux de gauche, cinq centristes, un ex-communiste et deux syndicalistes de la CGT. "Ici, je fais de la politique comme j'ai envie de le faire, loin des archaïsmes", assure-t-elle.

Dominique Bussereau, soutenu de son côté par l'UMP, le Nouveau Centre (NC) et le Mouvement Pour la France (MPF) de Philippe de Villiers, ne se berce pas d'illusions sur ses chances de battre Ségolène Royal. Ce proche de l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin qui a dirigé la région de 1998 à 2002, ne cesse de rappeler qu'il n'a "rien à perdre" et que c'est Nicolas Sarkozy lui-même qui, après avoir un temps envisagé d'envoyer la secrétaire d'État à l'Écologie Chantal Jouanno, lui a demandé de monter au front alors qu'il n'était pas candidat. Il n'a pas manqué de déraper à plusieurs reprises, qualifiant notamment de "harkis" les représentants du MoDem ralliés à la présidente de Poitou-Charentes (tandis que son collège Divers droite de Lagord, Charente-Maritime, assimilait de son côté la gestion de la région à "une dictature du prolétariat proche de celle du nazisme"). Le candidat de la droite a par la suite recentré sa campagne sur le développement économique, un thème plus porteur en pleine bataille pour sauver l'usine de l'équipementier automobile Heuliez dont son adversaire socialiste a fait une priorité.

Quasi assurée de sa réélection, Ségolène Royal tient donc l'occasion de briller dans son fief et espère bien au-delà. Une victoire franche face à Dominique Bussereau, candidat déclaré de Nicolas Sarkozy, légitimerait son action dans sa région "laboratoire" conquise en 2004, mais infligerait aussi un revers au président de la République, son rival à l'élection présidentielle de 2007. Et en cas de meilleur score qu'en 2004 (55% des voix), elle lui servirait en outre de tremplin pour revenir au premier plan du jeu politique national avec deux échéances en ligne de mire: la primaire à gauche de 2011 face à une multitude de candidats socialistes (sans doute Martine Aubry, Dominique Strauss-Kahn, François Hollande, Vincent Peillon, etc.), puis en cas de victoire la présidentielle de 2012. Mais pour l'instant et jusqu'au 21 mars prochain, c'est promis, elle ne se consacre qu'à sa région.