Giacomo Casanova
Giacomo Casanova

Aventurier italien, écrivain de langue française, Giacomo Girolamo Casanova est né à Venise le 2 avril 1725. Fils de comédiens (sa mère, Giovanna Maria Farussi, dite la Buranella, fut renommée), il est orienté vers la carrière ecclésiastique et reçoit les Ordres mineurs en 1743. Dénué de toute pudeur sentimentale, fort habile aux jeux de cartes, courant après le bonheur sans idée de transgression, il voyage ensuite à travers toute l'Europe, vivant le plus souvent d'expédients et d'intrigues, utilisant divers pseudonymes et évoluant dans une société mêlée d'aristocrates, d'intellectuels — il rencontre entre autres Voltaire et Jean-Jacques Rousseau --, de diplomates et d'escrocs.

Entre deux séjours à Paris — où il est à l'origine de la Loterie nationale — Casanova est accusé en 1755 de libertinage, d'athéisme et d'espionnage au profit des Francs-Maçons du Grand-Orient. Arrêté et incarcéré à la terrible prison des Plombs de Venise, il s'en évade dans des conditions périlleuses qu'il racontera plus tard dans Histoire de ma fuite des prisons de Venise (1788).

Dans ses dernières années, il est, grâce à l'hospitalité du Comte de Waldstein, bibliothècaire au château de Dux, en Bohême (aujourd'hui Duchcov). C'est là qu'il écrit entre 1790 et 1798 le célèbre Histoire de ma vie, plus connu sous le titre de Mémoires, où il relate ses innombrables aventures galantes et dresse une galerie de portraits de l'Europe du XVIIIe siècle. Il meurt à Dux le 4 juin 1798.

Le manuscrit original des Mémoires de Casanova — qui s'interrompt à l'année 1774 — compte au total 3.700 pages. Aujourd'hui propriété de la Bibliothèque Nationale de France (BNF), il fut vendu en 1821 par la famille de Casanova à l'éditeur F. A. Brockhaus, de Leipzig, qui le conserva pendant presque deux siècles. Une première édition des Mémoires, d'après une version allemande apocryphe que beaucoup considérèrent à l'époque comme un faux, fut publiée à titre posthume en 1822. Depuis, quelques 500 éditions virent le jour sans qu'aucune ne puisse se référer au manuscrit original. La principale est sans doute celle réécrite et censurée en partie par Jean Laforgue sous le titre Les Mémoires de J. Casanova, Chevalier de Seingalt (1826-1838). Il a fallu attendre les années 1960-1962 pour qu'une édition critique intégrale en français, en 12 volumes, soit publiée par les éditions Brockhaus et Plon sous le titre d'origine: Histoire de ma vie (actuellement disponible chez Robert Laffont dans la collection Bouquins).

Outre cette autobiographie et son Histoire de ma fuite..., Casanova a écrit également quelques ouvrages de poésie, dont une traduction inachevée de L'Illiade (1775), et un médiocre roman dans le goût des Lumières, Isocameron (1788).