François Baudot

La nomination du journaliste François Baudot à l'Inspection Générale de l'Administration des Affaires Culturelles (IGAC) suscite une nouvelle polémique.

François Baudot, ami de longue date de Carla Bruni-Sarkozy et parrain de son fils Aurélien, ne devrait en effet son nouvel emploi que grâce au soutien appuyé de la première dame de France et du Ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, lui-même proche des deux amis et accessoirement redevable de son fauteuil à l'ex-top model.

Selon le magazine Le Point qui révèle l'affaire, la nomination de François Baudot s'est déroulé dans d'étranges circonstances. Elle a tout d'abord eu lieu au tour extérieur — c'est-à-dire sur simple décision de l'exécutif, sans passage d'aucun concours — et surtout alors que la commission chargée d'évaluer son aptitude à occuper la fonction a rendu un avis négatif. Selon cette commission présidée par la Conseiller d'Etat Hubert Blanc, le candidat n'a en effet ni "expérience dans le domaine des institutions culturelles ni connaissance de leur environnement administratif". Il n'est donc "pas en mesure d'apporter un concours utile" à l'IGAC.

Mais en République sarkozyste, on a que faire des avis de l'administration lorsqu'il s'agit de placer des copains. Retirée de l'ordre du jour du Conseil des ministres du 16 décembre, la nomination — soutenue par rien moins que le Premier ministre François Fillon, le Ministre de la Culture Frédéric Mitterrand et Nicolas Sarkozy lui-même — s'est retrouvée inscrite la veille de Noël, histoire d'officialiser ce petit cadeau à une date discrète.

Âgé de 60 ans, ex-journaliste de mode au magazine Elle, auteur d'essais sur Coco Chanel, Elsa Schiaparelli, Yohji Yamamoto ou encore Paul Poiret, François Baudot a publié récemment un roman en partie autobiographique, L'art d'être pauvre (Éditions Grasset, 2009), dans lequel il remercie déjà Carla Bruni-Sarkozy pour ses soutiens passés. Dans ce livre quelque peu sulfureux, à situer dans le même registre que La Mauvaise vie de l'actuel Ministre de la Culture, il raconte sa jeunesse dissolue, ses expériences homosexuelles et ses folles nuits parisiennes, entre autres au célèbre Palace où il cotoyait un certain Frédéric Mitterrand qui à l'époque n'hésitait pas à se déguiser en drag-queen. Sa nomination à l'IGAC lui permet maintenant de se ranger et d'attendre tranquillement la retraite à un poste bien rémunéré.