Eric Holder
Eric Holder

Eric Holder est un homme discret. Alors qu'on entend beaucoup parler de la cure de désintoxication du journaliste Hervé Chabalier, via le film de Philippe Godeau (Le dernier pour la route), Bella Ciao, le roman d'Eric Holder, reste lui plus confidentiel. Pourtant, dans un autre genre, il est tout aussi juste. Dans ce court texte (sa spécialité), le narrateur est un écrivain (qui ressemble beaucoup à l'auteur) qui a sombré dans l'alcoolisme.

Se situant loin du cliché du talent littéraire démultiplié sous l'effet des spiritueux et des drogues, ce romancier ne parvient plus à produire un quelconque texte. Un jour, sa femme, au comble de la lassitude et du désespoir, le quitte. Comment réagir ? En finir ? C'est ce qu'il tente de faire sans y parvenir. Il choisit alors la souffrance, l'épuisement physique, en se faisant engager par un vigneron afin d'accomplir, du petit matin à la tombée de la nuit, les tâches les plus ingrates. En outre, il s'installe dans une maison non loin de celle de sa femme. Veut-il se punir ? Eric Holder restera mystérieux sur ce qui pousse cet homme à l'acharnement physique et moral.

Au-delà de l'histoire d'ivresse et d'amour, l'auteur de Mademoiselle Chambon nous emmène avec bienveillance sur les chemins du Médoc, la région où il vit et qu'il aime, décrivant les lumières du soir, les cafés de villages, les gens qui s'y nichent, comme lui, avec pudeur et poésie.

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Eric Holder, Bella Ciao (Éditions du Seuil).