Michelle Bachelet
Michelle Bachelet

Michelle Bachelet, première femme présidente de l'histoire du Chili, s'apprête à passer la main. Élue en 2006, elle est contrainte d'abandoner son poste en janvier prochain, comme le prévoit la Constitution chilienne. Une disposition qui n'arrange pas cette socialiste dont la popularité atteint aujourd'hui plus de 75% d'opinions favorables. Sa politique fiscale courageuse lui a notamment permis de subvenir aux besoins d'une population gravement touchée par la crise et les prévisions 2010 de croissance du pays misent sur une hausse de 4%. Mais son parti, "La Concertation", coalition de centre gauche au pouvoir depuis plus de 20 ans, aujourd'hui représenté par Eduardo Frei (ex-président du Chili entre 1994 et 2000), risque de perdre l'élection au profit de la droite.

Le candidat de la droite et probable successeur de Michelle Bachelet, Sebastian Pinera — un entrepreneur multimillionnaire âgé de 60 ans, propriétaire d'une chaîne de télévision et d'une des plus grandes compagnies aériennes d'Amérique latine — a remporté hier le premier tour de l'élection présidentielle avec 44,03 % des voix, contre seulement 29,62% pour Eduardo Frei. L'ex-socialiste Marco Enriquez-Ominami, candidat indépendant, a lui été éliminé avec 20,12% des suffrages, ainsi que le communiste Jorge Arrate (6,21% des suffrages). C'est la première fois depuis le chute d'Augusto Pinochet en 1990 que la droite chilienne se trouve en position de reprendre les rênes du pouvoir. Le second tour de l'élection se tiendra le 17 janvier prochain.