Jean-Luc Romero
Jean-Luc Romero

L'ancien secrétaire national de l'UMP Jean-Luc Romero, à droite depuis plus de 25 ans, a décidé de changer de couleur politique. Il profite des élections régionales pour rejoindre le Parti Socialiste.

Après deux mandats de conseiller régional en 1998 et 2004, il a confirmé lundi au magazine Tétu qu'il ralliait le camp socialiste après que Jean-Paul Huchon, Bertrand Delanoë et Anne Hidalgo lui ont proposé de travailler ensemble pour les régionales de mars 2010 en Ile-de-France. Il devrait être investi en quatrième place sur la liste de Paris. "Je suis en phase avec le programme de la gauche, à la fois sur la politique régionale et sur les grands combats de société que je mène: la lutte contre le sida, les droits LGBT ou l'euthanasie, sur lesquels je ne compte plus faire de concession", a-t-il déclaré au magazine gay et lesbien. Rappellant que "l'Ile-de-France concentre plus de la moitié des cas dans tout le pays", il considère que la parti de Nicolas Sarkozy "ne s'intéresse absolument pas aux questions de société comme le sida qui est pourtant une question majeure de santé publique" et reproche notamment à Valérie Pécresse, chef de file UMP pour les régionales en Île-de-France, de "ne rien proposer" sur le sujet.

Âgé de 50 ans, premier homme politique français à avoir rendu publique sa séropositivité, très engagé pour la cause homosexuelle et dans la lutte contre le sida — il est entre autres fonctions Président-fondateur de l'association "Elus locaux contre le Sida" --, Jean-Luc Romero n'est dans les faits déjà plus à droite depuis deux ans. Il a soutenu la candidature de François Bayrou lors de la présidentielle de 2007 et n'a pas hésité à annoncer, en mars 2008, qu'il voterait pour l'actuel maire de Paris, Bertrand Delanoë, au second tour des municipales. Depuis juillet 2008, il est apparenté au Parti Radical de Gauche au sein du Conseil régional d'Ile-de-France.

L'UMP enregistre également une autre défection en la personne d'Hervé de Charette, ancien ministre des Affaires étrangères de Jacques Chirac et actuel député du Maine-et-Loire. Ce dernier, proche de Valéry Giscard d'Estaing, juge le parti présidentiel "trop à droite".