Charles Beigbeder
Charles Beigbeder

Homme d'affaires et chef d'entreprise, Charles Beigbeder — Charles, Jean, Marie, Hubert, Pierre, Thibaut Beigbeder pour l'État civil — est né le 20 avril 1964 dans une famille de la bourgeoisie rÍveuse de Neuilly sur Seine (Hauts-de-Seine). Il est le fils de Jean-Michel Beigbeder, issu d'une vieille famille du Béarn, influent chasseur de tÍtes pour les entreprises du CAC 40 et accessoirement jet-setter, et de Marie-Christine de Chasteigner de la Roche-Posay, descendante de la petite noblesse du Poitou exerçant la profession de traductrice. Il a pour petit frère Frédéric Beigbeder, né en 1965, ex-publicitaire reconverti pour sa part depuis le début des années '90 dans la littérature (Prix Interallié 2003 pour Windows on the World et Prix Renaudot 2009 pour Un roman français).

Après le divorce de ses parents, en 1973, Charles Beigbeder suit sa scolarité dans les meilleurs établissements scolaires de la région parisienne: lycées Louis-le-Grand et Montaigne, …cole Bossuet,... Il passe ses vacances dans la villa des grands-parents paternels à Guetary (Pyrénées-Atlantiques) et commence à fréquenter les rallyes de la jeunesse dorée "Nappy" (Neuilly-Auteuil-Pereire-Passy). Il entame des études scientifiques et intègre l'Ecole Centrale des Arts et Manufactures de Paris (ECP) d'où il sort en 1988 avec un diplome d'ingénieur, option Air / Espace. En 1989, il entre comme ingénieur en intégration à l'usine toulousaine de Matra Espace qui construit notamment des satellites. Six mois plus tard, il démissionne, décide de se lancer dans la banque et remonte à Paris pour occuper pendant une année un poste d'Attaché de direction au département des affaires industrielles de Paribas. Il suit cette voie de banquier d'affaires de 1991 à 1994 au sein du Credit Suisse First Boston (CSFB) puis, de 1995 à 1997, au titre de Directeur associé de MC-BBL Securities, basé à la City de Londres.

¿ l'automne 1997, Charles Beigbeder réunit 4 millions de francs de l'époque pour fonder Self Trade, une société de courtage en ligne qui surfe sur la première grande vague — et bulle — de la Bourse sur internet. L'entreprise ne dégage toutefois aucun bénéfice et le jeune loup de la nouvelle économie doit loger chez ses beaux-parents avec sa jeune épouse (Carine James, aujourd'hui directrice de la société Pack & Fly, épousée en septembre 1995 et mère de ses trois filles). À la fin de l'année 2000 il parvient par miracle à échanger 2,5 millions de titres Self Trade contre 600.000 actions de la DAB Bank (groupe HVB), d'une valeur totale de 6 millions de francs. Il reste PDG de la société jusqu'en 2002 tout en occupant un fauteuil au directoire de la DAB Bank, mais celle-ci plonge sur les marchés financiers et doit bientÙt refourguer Self Trade au groupe Fimatex / Boursorama.

En 2002, après solde de tous comptes de l'aventure Self Trade, Charles Beigbeder dispose d'un petit capital de 1,6 million d'euros. Avec la fin programmée du monopole d'EDF sur la distribution d'électricité, il décide de se lancer dans la distribution d'énergie. Il lance une société baptisée Poweo SA dont il devient Président du directoire puis PDG. Premier fournisseur privé d'électricité en France, Poweo reçoit dès sa naissance le label d'"entreprise innovante" de l'Anvar (futur Oséo) et peut largement profiter de l'ouverture du marché à la concurrence en vendant de l'électricité et du gaz à de grands groupes industriels et commerciaux.

En 2009, nouveau départ dans un autre secteur. Malgré ses 320.000 clients et son Chiffre d'affaires 2008 de 577 millions d'euros, Poweo ne se porte pas vraiment très bien avec un titre qui a perdu 60% de sa valeur en un an. Charles Beigbeder estime qu'il est temps de se débarrasser de ses actions. Il vend ses 13,4% de parts du capital au groupe autrichien Verbund (déjà actionnaire à hauteur de 30%) et engrange près de 40 millions d'euros.

Il reste président non exécutif de Poweo pour trois ans encore, avec des stock-options et un salaire annuel de 250.000 euros par an, mais se tourne désormais vers l'agriculture. Via son holding familial Gravitation, il fonde AgroGeneration avec le groupe Champagne Céréales et acquiert quelque 22.000 hectares d'anciens kolkhozes céréaliers en Ukraine, le grenier à blé de l'ex-Union soviétique. Il envisage de doubler rapidement la surface de cette exploitation agricole car, affirme-t-il, "Nourrir la planète sera le grand défi de demain".

Dans un tout autre registre, Charles Beigbeder, par ailleurs administrateur de la société Télévista, place des fonds dans un site de réservation de loisirs en ligne baptisé Happy Time.

Parrallèlement à ses diverses activités d'homme d'affaires, Charles Beigbeder s'investit aussi dans la défense du nouveau patronat français. En juin 2004, il est nommé président de CroissancePlus, un club ultralibéral qui fédère quelque 160 entreprises à très forte croissance. En mai 2005, il se présente un temps comme candidat à la succession d'Ernest Antoine-Seillière à la tÍte du Medef, avant de se rallier à la candidature de Laurence Parisot.

Fort de ses divers mandats de membre dirigeant de CroissancePlus, du Mouvement des Entreprises de France (dont il préside la commission Recherche, innovation et nouvelles technologies), de la Fondation pour l'Innovation Politique (Fondapol), de Valeurs d'avenir, de Génération entreprise et de l'Institut Aspen, sans parler de sa société de services financiers Audacia, sorte de "business angel" créé en 2007 dont l'objectif est d'apporter des fonds propres non dilutifs aux nouveaux entrepreneurs innovants, c'est un militant de première ligne lorsqu'il s'agit de réclamer la réduction des charges, l'assouplissement des licenciements, la réforme d'un Code du Travail qu'il trouve beaucoup trop rigide et la suppression de l'ImpÙt sur la Fortune (ISF).

Prochaine étape pour Charles Beigbeder: la politique. Se disant prÍt à faire équipe avec Valérie Pécresse, il a été pressenti pour figurer en deuxième position de la liste UMP pour les élections régionales de mars 2010 à Paris, derrière la secrétaire d'Etat à l'environnement Chantal Jouanno. Ancien membre des Jeunes Giscardiens, adhérent du Parti Radical de Jean-Louis Borloo, ce golden boy sarkozyste ne cache en effet pas son intention de devenir un jour député, ne serait-ce que pour défendre l'ultralibéralisme décomplexé dont il se fait régulièrement le chantre sur les plateaux télé. Ses références en la matière: Jean-Jacques Servan-Schreiber, Raymond Barre, Edouard Balladur et bien entendu Nicolas Sarkozy. Lors de la remise de sa médaille de Chevalier de la Légion d'honneur, en janvier 2008, ce dernier l'encourage d'ailleurs chaleureusement: "Vous Ítes un exemple du capitalisme que nous voulons: un capitalisme d'entrepreneurs et non un capitalisme de spéculateurs".

¿ l'époque, le chef de l'Etat a déjà eu recours à ses services pour mener une réflexion sur le pouvoir d'achat. Il lui a rendu en 2007 un rapport remarqué consacré au low-cost, dont les principales propositions (favoriser le développement de la concurrence, la création de magasins hard-discount, la généralisation du travail le dimanche dans le commerce et la mise en vente libre de médicaments) sont aujourd'hui mises en oeuvre par le gouvernement. Concernant la crise financière, il estime en outre que Nicolas Sarkozy a été "remarquable" comme sauveur des banques françaises.

En janvier 2011, adoubé par le Président de la République et par la nouvelle ministre des sports Chantal Jouanno, il prend la présidence du Groupement d'intérÍt public qui porte la candidature de la ville d'Annecy à l'organisation des Jeux Olympiques d'hiver 2018.

Parmi ses hobbies, Charles Beigbeder se passionne pour la cosmologie et l'histoire. Il est membre du Travellers Club, du club de Polo de Paris et de l'Automobile Club de France. Enfin, fan du pape BenoÓt XVI, c'est un catholique fervent qui va à la messe tous les dimanche. Il est l'auteur de deux livres: …nergie positive (avec Arnaud Ramsay, …ditions du Toucan, 2008) et La crise de l'énergie est-elle une chance pour l'avenir ? (…ditions Lattès, 2008).