Union Européenne
Union Européenne

Le très eurosceptique président tchèque Vaclav Klaus, grand absent du sommet européen de Bruxelles, en est aussi le grand vainqueur. Les dirigeants de l'Union Européenne ont plié et lui ont accordé ce qu'il exigeait, à savoir une dérogation à la Charte des droits fondamentaux de l'Europe. Cette exemption permet à la République tchèque de bloquer toute éventuelle demande judiciaire de restitution des biens de la minorité allemande chassée des Sudètes après la seconde guerre mondiale. Entre 1945 et 1947, l'ex-Tchécoslovaquie avait en effet expulsé du pays trois millions de ses ressortissants allemands accusés de sympathies nazies et les descendants étaient suceptibles de saisir la Justice européenne pour demander réparation.

Comme pour l'Irlande, qui a elle aussi obtenu une dérogation à la Charte des droits fondamentaux sur divers points (neutralité militaire, non remise en cause de l'avortement, etc), c'était la condition posée par Vaclav Klaus pour qu'il paraphe le fameux Traité de Lisbonne, ratifié par le Sénat tchèque en mai dernier. Sa signature, la dernière manquante en bas du texte, va permettre au Traité de Lisbonne d'entrer enfin en vigueur, deux ans après sa création par les 27 États membres de l'Union européenne. Certes, la Cour constitutionnelle tchèque doit encore se prononcer sur un recours contre le texte déposé par des parlementaires eurosceptiques mais cet ultime obstacle devrait être franchi sans problème le 3 novembre prochain.

Soulagés, les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union ont applaudi l'accord qui, selon eux, met fin à huit années d'incertitude institutionnelle. Reste désormais à trouver celui qui deviendra le premier président de l'Europe.