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La République des Lettres

Rainer Maria Rilke

Rainer Maria Rilke
Lettres à un jeune poète

La République des Lettres
ISBN 978-2-8249-0207-4
Livre numérique (format ePub)
Prix : 5 euros
Disponible chez • FnacAmazonKoboiTunes

Dominique de Villepin

Dominique de Villepin

À peine sorti de cinq semaines de procès Clearstream, dans lequel le Parquet a requis 18 mois de prison avec sursis contre lui, Dominique de Villepin fait son retour dans l'arène politique. Lors d'un meeting qualifié "d'acte fondateur" qui a réuni près d'un millier de ses partisans hier soir à la Maison de l'Amérique latine à Paris, celui qui s'affirme comme le principal opposant de droite à Nicolas Sarkozy s'est clairement placé en orbite pour l'élection présidentielle de 2012.

En attendant le verdict du 28 janvier prochain, il a multiplié les critiques à l'encontre de Nicolas Sarkozy, estimant que "la République est menacée" et que la France "ne peut plus vivre avec une concentration du pouvoir et une personnalisation du pouvoir qui nuit à son efficacité". Dénonçant "l'esprit de cour" qui règne au sommet de l'Etat, l'ex-premier ministre de Jacques Chirac s'est attardé sur les graves problèmes économiques et sociaux que connaît le pays (chômage des jeunes, déficit de la Sécurité sociale, démentèlement des services publics, agriculture en voie de disparition, etc) et a évoqué "les polémiques qui font l'actualité" (affaire Frédéric Mitterrand, affaire Jean Sarkozy,...). "Quand la République n'est plus capable d'apporter une protection sociale à chacun de nos concitoyens, quand nous devons faire face à 30 milliards de déficit de la Sécurité sociale, quand le chômage touche 25% des jeunes, alors oui la République est en danger", a-t-il lancé. Dominique de Villepin souhaite "une fiscalité plus juste, plus intelligente, plus efficace", "une nouvelle répartition des richesses entre le capital et le travail", et "une politique d'exigence vis-à-vis de l'endettement national". Faisant allusion à son actualité judiciaire, il plaide en outre pour une véritable "indépendance du système judiciaire sans laquelle il n'y a pas de véritable justice". Enfin, alors que le ministre de l'immigration Eric Besson lance sous les directives de l'Elysée un très douteux débat sur "l'identité nationale", il estime qu'il n'y a pas besoin de débat, qu'il est "seulement nécessaire de faire vivre les principes qui sont les nôtres".

"Les Français ont le sentiment que le temps passe et que rien ne change", estime Dominique de Villepin à quelques jours du mi-mandat d'un Nicolas Sarkozy dont le bilan est déjà jugé négatif par plus de 58% des Français. Contre "la politique du laisser-faire et de la fuite en avant", contre "les dérives qui entravent la marche de l'unité et de l'efficacité de la nation", il propose -- nombreuses citations du Général de Gaulle à l'appui -- de revoir "l'équilibre des pouvoirs au sein de l'exécutif entre le président, le premier ministre et le gouvernement" et appelle à la construction d'une "force alternative" pour une "France solidaire et indépendante".

Ovationné par les militants de son nouveau fanclub politique (clubvillepin.fr, environ 5.000 adhérents depuis sa création en juillet dernier) Dominique de Villepin a conclu son discours par des remerciements lourds de menaces pour les sarkozystes rêvant à 2012: "En politique, on peut connaître des hauts et des bas. Il suffit d'avoir des idées justes, des idées fortes. Les idées comme la vérité cheminent. Il suffit d'un peu de patience pour que le grain lève. Merci pour aujourd'hui et merci pour demain".