Jean Sarkozy
Jean Sarkozy

La polémique a commencé jeudi dernier et n'a cessé d'enfler depuis. Outre les élus des Hauts-de-Seine (Puteaux, Neuilly, Courbevoie, Nanterre,..) qui dénoncent une nouvelle étape dans le verrouillage des organes de décision économique et politique régionaux, Ségolène Royal (PS), François Bayrou (Modem) et Cécile Duflot (Verts) entre autres sont montés au créneau ce week-end pour dénoncer l'arrivée programmée de Jean Sarkozy à la tête de l'EPAD, l'organisme en charge de l'aménagement et de l'attribution des marchés immobiliers de la Défense, le plus grand quartier d'affaires d'Europe.

Ségolène Royal ne mâche pas ses mots: "Que Nicolas Sarkozy prenne conscience de l'intérêt général du pays au lieu de s'occuper de placer son fils". Si Jean Sarkozy "ne portait pas le nom qu'il porte, est-ce qu'il serait à la place à laquelle il est aujourd'hui ?" s'est-elle interrogée, dénonçant la "concentration du pouvoir dans les mains d'un clan" et faisant allusion aux enjeux de cette nomination pour la prochaine élection présidentielle.

François Bayrou, patron du MoDem, dénonce lui aussi cette nomination d'un homme "de 23 ans sans aucune compétence particulière" à la tête d'un des organismes les plus puissants dans l'aménagement au niveau européen. Constatant qu'il y a là un signe de plus que "les piliers solides sur lesquels notre pays s'était construit, en termes de principes, de décence, de raison, chancellent et s'effritent", il n'hésite pas à comparer la France de Nicolas Sarkozy à l'Empire romain décadent.

Même tonalité du côté de Cécile Duflot qui estime que "dès qu'on sort des limites de l'Hexagone, les gens trouvent ça juste invraisemblable, inouï. Inouï que le fils du président de la République, à 23 ans, puisse devenir président d'un établissement public avec un tel budget". [...] "Il ose tout et tout le monde plie parce qu'il a le nom qu'il a", ajoute la secrétaire nationale des Verts.

Pour le député socialiste Arnaud Montebourg, Jean Sarkozy bénéficierait ni plus ni moins d'un "privilège de naissance" s'il prend la tête de l'Epad. "Cette prise de guerre clanique et familiale [...] c'est la destruction par les pratiques du pouvoir de l'esprit républicain et de la République elle-même. Il n'y a plus aucune limite, on peut tout se permettre, il n'y a plus de principes ni de règles", juge le député PS.

Enfin une pétition, lancée la semaine dernière sur monputeaux.com par Christophe Grébert, conseiller municipal MoDem de Puteaux, compte déjà quelque 8.000 signataires. Elle demande au fils de Nicolas Sarkozy, âgé de 23 ans et conseiller général UMP des Hauts-de-Seine, de "renoncer au poste de président de l'Epad [...] qui demande compétence et expérience". Elle l'invite à terminer d'abord ses études de droit et à faire quelques stages en entreprise avant de postuler à un tel poste.

Si la fronde ne fait pas reculer l'ambitieux Jean Sarkozy, il devrait entrer au conseil d'administration de l'Epad lors d'un conseil d'administration prévu le 4 décembre prochain, puis en briguer la présidence actuellement occupée par Patrick Devedjian, atteint par la limite d'âge de 65 ans. "Je suis président de la majorité départementale depuis maintenant près de deux ans et, à ce titre, j'ai eu à connaître de tous les dossiers qui intéressent le département", justifie le fils cadet de Nicolas Sarkozy.