Claudie Haigneré
Claudie Haigneré

Claudie Haigneré — ex Claudie André-Deshays — est née le 13 mai 1957 au Creusot (Saône-et-Loire). Son père, Emmanuel André, est ingénieur. Elle passe son enfance et son adolescence au Creusot avant de suivre des études de médecine aux Universités de Dijon et de Paris (Cochin-Port Royal et Paris V-René Descartes) d'où elle sort Docteur en médecine en 1981. Elle se spécialise ensuite en médecine du sport, en médecine aéronautique et spatiale et en rhumatologie avant d'obtenir un Diplôme d'Etudes Approfondies (DEA) de biomécanique articulaire et physiologie du mouvement en 1986, puis un Doctorat ès Sciences (option Neuro-Sciences) en 1992.

Claudie Haigneré débute sa carrière scientifique en 1985 en exerçant parallèlement comme médecin rhumatologue attachée à l'hôpital Cochin de Paris et Chercheur au Laboratoire de physiologie neuro-sensorielle du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS). En 1989, elle prend la direction des programmes de physiologie et médecine spatiale au sein du Centre National d'Études Spatiales (CNES). Ses travaux contribuent notamment aux missions spatiales Antarès (1989), Altaïr (1993) et Cassiopée (1996). Après un entraînement à la Cité des Etoiles de Moscou, elle est désignée Cosmonaute titulaire pour le vol de la Station orbitale franco-russe MIR qui a lieu du 17 août au 02 septembre 1996. En 1998, elle rejoint de nouveau la Cité des Etoiles afin de suivre un entraînement complet d'ingénieur de bord de la station MIR. Elle est désignée cosmonaute suppléante de Jean-Pierre Haigneré pour la mission Perseus (1999).

En 1999, Claudie Haigneré intègre l'Agence Spatiale Européenne (ESA) et devient membre du Corps des Astronautes Européens situé à Cologne (Allemagne). Elle épouse la même année, en seconde noces, le cosmonaute et Général de brigade aérienne Jean-Pierre Haigneré. En 2001, elle participe comme Cosmonaute titulaire à la mission Andromède, à bord de la Station Spatiale Internationale (ISS).

En 2002, Claudie Haigneré, 45 ans, 2 vols dans l'espace à son actif, abandonne son métier. Auréolée de son statut de première spationaute française de l'histoire, elle s'engage en politique et devient Ministre déléguée à la Recherche et aux nouvelles Technologies (2002-2004) puis Ministre déléguée aux Affaires européennes (2004-2005) dans les gouvernements de Jean-Pierre Raffarin. Son passage au Ministère de la Recherche, amputé alors par le gouvernement d'une grande partie de son budget, est marqué par un vent de fronde de la communauté des chercheurs. De 2006 à 2009, elle exerce diverses fonctions d'administrateur, notamment à la Cité des Sciences et de l'Industrie, à France Telecom et à Sanofi-Aventis.

En décembre 2008, Claudie Haigneré est hospitalisée à l'Hôpital du du Val-de-Grâce après avoir semble-t-il tenté de mettre fin à ses jours par l'absorbtion d'une très forte dose de somnifères. Selon certaines sources, elle ne s'était pas remise de l'éviction de son poste de Ministre déléguée aux Affaires européennes par Dominique de Villepin.

En avril 2009, Claudie Haigneré est nommée Présidente de la Cité des Sciences et de l'Industrie. Valérie Pécresse, Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, et Christine Albanel, Ministre de la Culture et de la Communication, lui confient la mission — très controversée dans les milieux scientifiques et culturels — de regrouper avant 2010 dans un seul établissement la Cité des Sciences et de l'Industrie (dépendant du Ministère de la Culture, 120 millions d'euros de budget et 3 millions de visiteurs par an) et le Palais de la Découverte (Musée des Sciences créé dans le cadre de l'Exposition internationale de 1937, dépendant aujourd'hui du Ministère de la Recherche, 20 millions d'euros et 600.000 visiteurs par an). Ce regroupement a pour vocation de créer un grand opérateur de référence pour la diffusion de la culture scientifique et technique vers le grand public.

Claudie Haigneré est membre de plusieurs organisations scientifiques et/ou médicales comme la Société Française de Médecine Aéronautique et Spatiale (SOFRAMAS), l'Académie des technologies, l'Académie des Sports, l'Institut de myologie de la Pitié Salpétrière, l'Alliance des maladies rares, l'International Astronautical Federation (IAF), l'International Academy of Astronautic (IAA) ou encore l'Académie de l'Air et de l'Espace (AAE). Docteurs honoris Causa de la Faculté Polytechnique de Mons (Belgique), elle est aussi commandeur de la Légion d'honneur, chevalier de l'Ordre national du Mérite, médaillée de l'Ordre du Courage (Russie), prix Henry Deutsch de la Meurthe 1996, prix Louise Weiss 2005, membre de la confrérie du Tastevin et marraine de la Cité de l'espace de Toulouse.

Outre ses nombreux articles scientifiques dans le domaine de la médecine spatiale, Claudie Haigneré est co-auteur et/ou préfacière de plusieurs livres dont entre autres: Histoire des femmes de science en France du Moyen-Age à la Révolution (2002), Réussir avec les Sciences (2003), Lettre à tous ceux qui aiment l'école (avec Luc Ferry et Xavier Darcos, 2003), Aviatrices: Un siècle d'aviation féminine française (2004), Le traité de l'Elysée et les relations franco-allemandes (2005), 50 ans d'aventure spatiale (2007), La science en personnes (2007) et Explique-moi... Les OGM (2008).