Référendum La Poste
Référendum La Poste

2.123.717 personnes ont ont pris part à la consultation sur l'avenir de La Poste. Menée du 26 septembre au 03 octobre dans 9.987 points de vote, cette "votation citoyenne" a recueilli au total 2.092.016 bulletins "Non" et 31.701 bulletins "Oui" à la question "Le gouvernement veut changer le statut de La Poste pour la privatiser, êtes-vous d'accord avec ce projet ?", soit plus de 90% de "Non". Les votants ont été particulièrement nombreux dans les quartiers populaires et les zones rurales, où la crainte de voir disparaître les bureaux de poste est très forte, précise le Comité national contre la privatisation qui regroupe quelque 62 associations, syndicats et partis de gauche opposées au changement de statut de La Poste.

Même s'il reste sans valeur juridique, ce scrutin manifeste la vive opposition des Français à une éventuelle privatisation de La Poste. Déjà échaudés par les promesses mensongères du gouvernement, ils n'ont pas oublié les privatisations rampantes d'autres entreprises publiques comme EDF / GDF et France Telecom, commencées de la même façon par une loi sur l'ouverture du capital et une transformation en société anonyme avant de connaître les dégradations de service et les augmentations de tarifs que l'on sait. Fort de ce soutien populaire, et d'un récent sondage Ifop montrant par ailleurs que 59 % de la population souhaite un référendum sur le sujet, le Comité contre la privatisation de La Poste demande à Nicolas Sarkozy de renoncer définitivement à cette énième "réforme" ultralibérale. De son côté, le Parti Socialiste a annoncé son intention de faire aboutir un vrai référendum d'initiative populaire sur le sujet. Au contraire de la votation citoyenne, un référendum officiel, tel que prévu dans la réforme constitutionnelle de juillet 2008, aurait alors une valeur juridique. Il suffit pour celà qu'il soit lancé à l'initiative d'au moins un cinquième des élus ou un dixième des électeurs (soit environ 4 millions de Français), mais il ne peut toutefois pas encore être organisé, faute de loi organique votée au Parlement.

Fidèles à leur idéologie, les barons de droite sont montés en première ligne pour critiquer l'exercice de démocratie participative et justifier la loi qui doit selon eux permettre de faire face à l'ouverture totale à la concurrence du secteur postal dans l'Union Européenne à partir de 2011. Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP, estime que l'opération de votation citoyenne est une "vaste manipulation" montée par la gauche. Xavier Darcos, ministre du Travail, déclare pour sa part qu'il s'agit d'une fausse question et promet la main sur le coeur que "La Poste ne sera pas privatisée", que ses missions de service public "ne seront pas supprimées". Christian Estrosi, ministre de l'Industrie, émet de son côté des réserves sur la façon dont s'est déroulé un scrutin dont "la question est posée par Olivier Besancenot et les résultats dépouillés par le Parti socialiste". Eric Woerth, ministre du budget, dénonce quant à lui "un vote tronqué, une tricherie" et exlut catégoriquement la tenue d'un référendum d'initiative populaire sur la Poste. Pour l'ancien Premier Ministre UMP Jean-Pierre Raffarin, ce n'est rien moins que "de la fausse démocratie [et des] informations mensongères". Enfin Bernard Accoyer, actuel président de l'Assemblée nationale, indique en réponse au projet du PS que le texte de loi sur le référendum populaire sera peut-être discuté d'ici la fin de la session parlementaire, mais probablement pas avant fin juin 2010, c'est-à-dire après la réforme sarkozyste de La Poste.