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La République des Lettres

Rainer Maria Rilke

Rainer Maria Rilke
Lettres à un jeune poète

La République des Lettres
ISBN 978-2-8249-0207-4
Livre numérique (format ePub)
Prix : 5 euros
Disponible chez • FnacAmazonKoboiTunes

Parti Socialiste

Parti Socialiste

Avec seulement 16,5% des voix, alors qu'il en escomptait au minimum 20%, voire 29% comme lors du précédent scrutin de 2004, le Parti Socialiste de Martine Aubry a vécu une véritable Bérézina aux élections européennes du 07 juin 2009. En pleine crise économique et alors que Nicolas Sarkozy bat des records d'impopularité, le parti présidentiel le devance de plus de dix points avec près de 28% des suffrages (ce qui encourage ce dernier, selon les déclarations du premier Ministre François Fillon et du chef de l'UMP Xavier Bertrand, à poursuivre les "réformes"). Pire, la liste Europe Ecologie (16,3%) menée par le "sous-marin vert" de l'Elysée, Daniel Cohn-Bendit, fait jeu égal avec la rue de Solférino en récoltant 16,3% des voix. À Paris, où règne le maire socialiste Bertrand Delanoë, la liste menée par Harlem Désir passe même en troisième position derrière l'UMP (29,6 %) et Europe Ecologie (27,5 %), n'obtenant que 13,6% des suffrages, contre 25% en 2004. Sur fond d'abstention record pour ce type de scrutin -- près de 6 électeurs sur 10 ont boudé les urnes --, le Parti Socialiste est talonné presque partout à la fois par le Modem de François Bayrou, malgré le mauvais score de ce dernier (8,5%), mais aussi par le Nouveau Parti Anticapitaliste d'Olivier Besancenot (5,2%), qui double le score des listes LCR-LO de 2004 (2,6 %), et le Front de Gauche de Jean-Luc Mélenchon allié au Parti Communiste de Marie-George Buffet (6,1%). Avec ce résultat, le Parti Socialiste réalise sa deuxième plus mauvaise performance aux élections européennes après les 14,5 % de Michel Rocard en 1994.

Principale victime du naufrage, Benoît Hamon, porte-parole du parti et troisième sur la liste socialiste en Ile-de- France, qui perd du coup son siège à Strasbourg alors qu'il représente pourtant l'aile gauche et le renouvellement générationnel du parti. Il avait contesté le choix de la direction qui lui avait préféré Harlem Désir comme tête de liste pour lutter contre le tandem de ministres UMP Michel Barnier / Rachida Dati, et a laissé entendre qu'il pourrait maintenant démissionner du PS. Martine Aubry, malgré ses efforts pour tenter d'afficher une unité de façade, notamment lors du meeting de Rezé avec Ségolène Royal, risque donc désormais d'avoir fort à faire pour éviter de voir renaître les divisions. La première réunion post-électorale du bureau national du PS, qui doit avoir lieu demain, s'annonce d'ores et déjà houleuse. Les amis de Ségolène Royal, de François Hollande, de Benoît Hamon, d'Arnaud Montebourg et de bien d'autres ont de nombreux griefs à jeter à la face d'une direction plus que jamais fragilisée, à commencer par des choix de campagne très discutables où on l'a vue promouvoir d'abord un vote anti-sarkozyste avant de recentrer le message sur la nécessité d'un vote antilibéral pour l'Europe, ceci sans aucune crédibilté dans l'opinion étant donné les états de service du PS sur ce plan.

Parmi les réactions des principaux responsables du Parti Socialiste, Martine Aubry a déclaré que le parti avait "besoin d'une profonde rénovation" et du "rassemblement de la gauche". "Nous payons aujourd'hui les divisions d'hier, un parti refermé sur lui-même et je crois aussi une insuffisante ouverture, et sur la société, et sur les autres forces de gauche", a jugé la première secrétaire. Jean-Christophe Cambadélis, directeur de la campagne socialiste, a affirmé pour sa part que "ce résultat était décevant mais pas étonnant au regard de la participation extrêmement faible". Tête de liste dans le Sud-Est, où il obtient un mauvais score, Vincent Peillon a déclaré quant à lui que "le PS paie ses divisions" et son "incapacité à affirmer un projet". Il appelle à la création d'un "front des progressistes ouvert à tous les démocrates" qui réunirait le PS, les Verts, le PCF et même le Front de Gauche. Pour Jack Lang enfin, "l'antisarkozysme primaire ne peut tenir lieu de programme" et "le PS a cessé provisoirement d'incarner l'espérance".