Microsoft Bing
Microsoft Bing

Après MSN Search, Windows Live Search, puis Live Search, Microsoft a dévoilé hier la quatrième mouture de son moteur de recherche en cinq ans. Baptisé "Bing", il succédera dès la semaine prochaine au très décevant "Live Search", qui n'a jamais réussi à s'implanter dans le secteur de la recherche sur internet. Selon les dernières données de ComScore, le réseau de sites Microsoft est crédité d'un stagnant 8,2% de parts de marché, derrière Yahoo (20,4%) et le leader mondial, Google (64,2%). En France, Live Search peine à atteindre les 2,3% de parts de marché face à Google qui caracole lui à près de 90% des recherches effectuées sur internet.

Lors d'une conférence organisée à Carlsbad (Californie) par le Wall Street Journal, Steve Ballmer, directeur général de Microsoft, a précisé ses nouvelles ambitions. Bing a pour objectif de rattraper le retard qui le sépare de Google et de Yahoo!. Ce sont en effet eux qui récoltent actuellement les fruits du juteux marché de la publicité en ligne, estimé à quelque 25 milliards de dollars. Pour ce faire et comme d'habitude, à défaut de qualité de ses produits, le géant de Redmond usera de l'omniprésence de Windows sur le parc d'ordinateurs grand public et fera les choses en grand au niveau marketing pour promouvoir Bing comme arme anti-Google. Un vaste plan média et une campagne publicitaire d'un montant de 100 millions de dollars, l'équivalent du lancement d'une marque de lessive dans le monde entier, est mis en place à cet effet.

Reste maintenant à vérifier si la pertinence des réponses de Bing (comme Bingo ?) aux requêtes des internautes atteindra la qualité de celles de Google. Jusqu'à présent le niveau de pertinence des réponses fournies par MSN Search ou Live Search est en effet particulièrement mauvais, voire totalement nul. Microsoft indique que Bing sera très différent de Google, avec un affichage des résultats en fonction de thèmes et de genres (photos, biographies, commerces, etc) et non plus de sites ou de pages pertinentes. Au niveau navigation, des options de recherche ainsi qu'un historique s'afficheront dans un volet pour affiner les requêtes, pour acheter des produits ou pour retourner rapidement sur un site déjà visité. D'autres petites informations, comme par exemple un comparateur de prix, accompagneront les réponses fournies. Ces développements relèvent en grande partie de la technologie du moteur de recherche sémantique Powerset, acheté pour plus de 100 millions de dollars en 2008. Sur le plan esthétique, une photo de paysage, différente chaque jour, occupera le fond d'écran à la place des pages blanches dépouillées de Google. La démonstration en ligne n'est toutefois pas des plus probantes et ne semble pas présenter de véritables grandes nouveautés par rapport au moteur de recherche de Google. Rien n'indique que les principales fonctionnalités qui intéressent les internautes — la rapidité et surtout la pertinence des réponses — seront meilleures sur Bing que sur Google. Par ailleurs, la firme de Mountain View prépare déjà la contre-attaque. De nombreuses innovations (Squared, News Timeline, Wonder Wheel, etc) pourraient bien renvoyer Bing dans un trou noir avant qu'il ne fasse Bang. La réponse définitive sera donnée par les internautes au cours des prochains mois, avec le risque pour Microsoft, après la tentative de rachat manqué de Yahoo! et l'abandon de Live Search Book, de devoir faire face à nouvel et coûteux échec qui pourrait bien cette fois porter un coup fatal à sa division internet, déjà en perte sèche de 1,6 milliard de dollars au cours de ses neuf derniers mois d'activité.